Decretum Wiberti, dans Libelli, t. I, p. Ga
PENDANT LA RÉFORME DE L’ÉGLISE
lança les convocations pour un concile qui devait se tenir, au printemps de 1095, soit en Lombardie, soit en Toscane. Gebhard de Constance, légat du Saint-Siège en Allemagne, reçut la sienne, et aussitôt il pensa à demander à son ami, le moine Bernold, de lui adresser une consultation sur les affaires qui allaient être traitées au prochain concile. C’était un grand honneur et une lourde responsabilité, pour l’humble moine, de devenir le théologien d’un des conseillers principaux d’Urbain II.
Bernold s’occupe des ordinations faites par des excommuniés :
De his erg o qui hactenus apud excommunicatos ordinati sunt, in ilia synodo ventilandum esse non aubito, qualiter in ecclesia recipiendi sunt. Unde ego vester cliens auctenticas sanctiones de hac causa singulari diligentia perquirens, satis abundanter usquequaque inveni quod nul lus eorum iuxta rigorem canonicum in ecclesia officium ordinis administrai debeat quem in excommunicatione acceperat.
Sed quia modo summa nécessitas ilium rigorem quodammodo emollire cogit, iflud summopere provideamus ut ipsam emollicionem nequaquam contra canones, sed secundum canones temperemus, videlicet, ut si quem eorum de excommunicatione conversum ecclesiastica nécessitas cum officio recipi cogit, nequaquam ilium contra canones reordinemus, sed potius secundum canones cum ordine recipiamus... Sunt tamen quidam simplices nimiumque zelotes, qui quoslibet in excommunicatione ordinatos, si resipuerint, non cum ordine recipiendos, sed omnino reordinandos esse putant : et hoc ideo, quia sacramenta in excommunicatione usurpata penitus exsufflare non dubitant L
Bernold est sévère pour une opinion qui avait été longtemps la sienne! De plus, il est peu modeste. Il écrit : « De hac causa singulari diligentia perquirens, satis abundanter usquequaque inveni quod... » Il aurait donc fait des recherches considérables? Pourtant ces recherches n’ont pas été très compliquées, car Bernold utilise, dans son mémoire, le Liber gratissimus de Pierre Damien, et surtout la collection canonique d’Anselme de Lucques. C’est celle-ci qui a fourni, ici encore, presque tous les textes patristiques cités par le moine de Constance 1 2 : nouvelle preuve de la nécessité qui s’impose au théologien de connaître les collections canoniques. Bernold n’est pas l’érudit qu’on croirait, après une lecture superficielle; son érudition est toute d’emprunt. Toutefois, on ne saurait lui refuser un mérite, celui d’avoir sainement interprété les textes qu’il recevait tout classés.