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CHAPITRE XIII

LA RÉCONCILIATION DES CLERCS SCHISMATIQUES EN ALLEMAGNE, SOUS PASCAL II.

Le court pontificat d’Urbain II (1088-1090) vit se produire un changement complet dans la situation de l’Église romaine. Succédant à Victor III après un interrègne de six mois, Urbain II héritait d’une situation très difficile. A Rome, il avait tout près de lui l’antipape Clément III; dans l’Italie septentrionale, il se heurtait à l’hostilité d’Henri IV, qui y avait établi ses quartiers, depuis 1090; en Allemagne, il ne pouvait compter que sur treize évêques, dont quelques-uns étaient bannis de leur diocèse; la majorité des évêques allemands appartenait au parti de l’antipape Clément III. Grâce à son action suivie et habile, Urbain II améliora beaucoup cette situation : il s’établit solidement à Rome, fit battre Henri IV en Lombardie, et rallia à lui une demi-douzaine d’évêques allemands. Mais il ne devait pas voir le rétablissement de l’unité chrétienne.

Ce bonheur sembla d’abord assuré à Pascal 11(1099-1118). Après la mort de l’antipape, en septembre 1100, Henri IV renonça à lui donner un successeur et engagea des négociations avec Pascal IL Elles traînèrent en longueur : de là l’échec final d’Henri IV. Après une lutte de plus de vingt ans, la fatigue gagnait beaucoup de gens en Allemagne. Pour des motifs tant politiques que religieux, la paix était universellement désirée. Le fils de l’empereur profita de ces circonstances pour créer un parti contre son père et prendre le pouvoir 1 ’. Une nuit de dé-

1. Sur ces événements, cf. A. Hauck, Kirchcngeschichte Deutschlands, t. III, p. 878; et G. Richter, Annalen des deutschen Reich» im Zeitalter Hcinrichs IV., p. 481 et suiv. (Halle, 1898).

LA RÉCONCILIATION DES CLERCS ALLEMANDS

cembre 1104, à Fritzlar, il quitta la résidence royale, et alla lier parti avec les ennemis d’Henri IV.

Pascal II, qui n’avait aucun motif de ménager l’empereur, seconda le rebelle. Vers la fin de février i io5, par le ministère du légat Gebhard de Constance, il releva Henri V de l’excommunication encourue précédemment. Puis le nouveau roi et le légat collaborent à une œuvre à la fois politique et religieuse : ils assurent simultanément la soumission de tous à Pascal II et à Henri V. On se dirigea d’abord vers la Saxe, qui avait été le boulevard de l’opposition à Henri IV. Au point de vue ecclésiastique, le travail à faire était de régler le sort des évêques qui soutenaient le parti de l’empereur, et dont, pour la plupart, l'élévation était entachée de graves irrégularités. Il fallait aussi examiner la situation ecclésiastique des clercs ordonnés par ces évêques.

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