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II. — La réconciliation du roi Henri V d'Allemagne

Le résultat final de cette activité d’Henri V et du légat du pape fut l’abdication d’Henri IV, au dernier jour de i io 5 . Quelques jours après, eut lieu la prise de possession du pouvoir, par le nouveau souverain. Elle fut précédée d’un épisode attesté par un excellent témoin, Ekkehard. Un mot sur cet épisode, parce qu’il a été mal compris, et qu’il importe beaucoup pour l’intelligence de la théologie d’alors. A la vigile de l’Epiphanie (5 janvier 1 106), a Mayence, s’effectua le changement de pouvoir. Henri V, le nouveau roi, fut investi des insignes abandonnés par son père, et reçut ensuite une imposition des mains qu’Ekkehard décrit ainsi : « ab apostolicis quoque legatis per manus impositionem caMo/Zccconfirmatus, acceptis tam ab episcopis quam laicis iuxta morem patriae sacramentis, regnare coepit 1 ».

Comment entendre cette imposition des mains? Les historiens n’ont vu jusqu’ici, dans cet acte, qu’une consécration du pouvoir politique d’Henri V, et la confirmation, par le pape, de l’élection du souverain 2 . Ainsi compris, ce cérémonial est sans analogue. Aussi quelques historiens rejettent-ils le renseignement fourni par Ekkehard. C’est là une solution désespérée. Il vaut mieux essayer de comprendre cet épisode. Il se rattache à des préoccupations d’ordre exclusivement théologique. Celles-ci ont échappé aux historiens. Mais l’étude présente nous les laisse deviner bien vite.

Dans le texte d’Ekkehard, on aura remarqué le mot catho/ice. Celui-ci est inexplicable, si on admet que cette imposition des mains constitue une espèce de sacre, car celui-ci, fait par les légats, ne pouvait être que catholique. Le mot calho/ice fait penser à un autre passage d’Ekkehard, à celui qui a déjà été transcrit, à propos du synode de Nordhausen (29 mai no 5 ) :

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