V. — Un faux du parti de l'antipape Anaclet
En fait, dans le parti de l’antipape, on constate des préoccupations apologétiques qui supposent une situation menacée par la controverse catholique. Dans le temps oii Gerhoh cherchait, sans succès, l’occasion d’argumenter contre saint Bernard, vers 1 1 33-i 137 , Pandolfe, un cardinal du parti de l’antipape Anaclet, écrivait un Liber Pontificalis ou histoire des papes, destiné k montrer la légitimité de son parti. Le texte original de cet ouvrage est perdu. Mais il subsiste partiellement dans une révision faite, en 1 i4 1 2 > od mentem Romanam , par Pierre Guillaume, bibliothécaire du prieuré de Saint-Gilles d’Acey, au diocèse de Reims.
Le Liber Pontificalis de Pierre Guillaume contient une notice d’Urbain IL Celle-ci est une combinaison du texte de Pandolfe et de certains remaniements de Pierre Guillaume L Voici un des renseignements qu’elle nous fournit :
Iste benignissimus Pontifex qtiemdam factum subdiaconmn a Guiberto reordinavit rquod videns se minime bene fecisse damnavit, ne aliquis deinceps faceret. Illi autem cui manum imposuerat sub interminatione praecepit ne ad sacrum ordinem ascenderet: quod et factum est 2 .
Ce renseignement, si on le prend k la lettre, fournit une explication de la réordination de Daibert. Il en aura été de la réordination de ce diacre, comme de celle de ce sous-diacre dont on nous parle ici. Ces deux faits seraient similaires, et comporteraient une explication identique. Urbain II, ayant d’abord procédé k des réordinations, aurait, après un examen plus attentif, regretté ces actes et prescrit de ne plus réordonner personne. Cette théorie nous mettrait donc en présence d’un changement d’idées et d’une rétractation d’Urbain IL Comme elle nous est suggérée par un auteur du douzième siècle, il y a lieu de la vérifier.
1. Cf. à ce sujet : L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. II, p. xxiv et suiv.