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Ibid., fol, 1 5 1 r. et v., canons

DE PASCAL II A INNOCENT !I

existence durable, et chez lesquelles on constate des traditions d’enseignement. Au début du xn e siècle, l’école la plus célèbre est celle de Laon, qui était dirigée par les deux frères Anselme et Raoul. A en juger par les quelques témoignages qui nous sont parvenus, elle a eu une vogue extraordinaire. Anselme avait d’abord enseigné à l’école épiscopale de Notre-Dame, à Paris. Vers la fin du xi® siècle, il rentra à Laon, sa ville natale, y fut le chancelier du chapitre et, à ce titre, chargé de la direction de l’école épiscopale, qu’il conserva jusqu’à sa mort, survenue en 1117.

Les œuvres d’Anselme sont à considérer, parce qu’elles nous donnent l’état de l’enseignement théologique avant Abélard. L’action si profonde d’Abélard sur la vie intellectuelle de son temps s’explique mieux, quand on voit le contraste qui existait entre la méthode du vénérable maître de Laon et celle du jeune novateur. Des diverses œuvres d’Anselme, seules les Sentences 1 sont à considérer ici.

C’est un recueil de textes patristiques, dans lequel on reconnaît la préoccupation de mettre les questions théologiques en ordre. Quant à la méthode et à la composition, les Sentences d’Anselme de Laon correspondent tout à fait à la Collection canonique d’Anselme de Lucques. L’invention de l’auteur consiste uniquement à imaginer une division en sept parties, et à faire précéder les textes patristiques d’un cours résumé de leur contenu. C’est ainsi qu’on lit au livre V, chapitre xxvm : Quod sacramenta communia non improbentur in hereticis 2 . Suivent les textes patristiques 3 qui justifient cette maxime. Anselme de Laon avait donc les bons principes sur ces questions.

1 . Les Sentences d’Anselme de Laon sont contenues dans le ms. Bibl. Nat. lot. i65a8 (xii® siècle), fol. i-a5a.

a. Ibid., fol. 39 r.

3. Ibid., fol. 174 V. Les Sentences d’Anselme sont inédites. En voici la division. « Prima pars continetdc Pâtre et Filio, de angelis, de Adam, defide antiquorum, de prophetis, de Apostolis. Secuxda, de intellectu Scripturarum, de diapsalmate, de obelo et asterisco, de divitibus. Tercia, de sacrificiis paganorum et nostris, de baptismo, de viventibus ex oblationibus. Quarta, de incommodis que propter peccata evenerint.de ipsis peccatis, de iusiurandis.de testimoniis, mendaciis, furtis, negotiationibus. De avaritia, de usura que liceat que non, de honesto opéré, de confessione, de remissions, de quibusdam mundanis. Quixta, de potestate ligandi atque solvendi, de pastoribus et doctoribus, de ordinatione, de doctrine domestica, de excommunicatione qui tollerandi sunt qui non, de sinagoga et hebreis, deecclesia et ecclesiasticis. Sexta, de crucc, de tempore paschali, de orationibus, de elemosinis, demilitia, de dominis et servis, de matrimonio, quod apostoli lin bue rint uxores. Septima, de restauratione et angelorum et hominum, de diabolo, [p. 4 ] de antichristo, de ultimo iuditio, de resurrectione, de igné ante iudicium. »

PENDANT LA RÉFORME DE L’ÉGLISE

On a cru retrouver, dans le manuscrit 1 8 1 13 du fonds latin de la Bibliothèque Nationale, les Sentences de Guillaume de Champeaux x . Mais il en est de ce manuscrit comme de plusieurs autres : il porte un titre fautif 2 . Ce manuscrit contient, en réalité, des Quaestiones qui sont de la première moitié du xn e siècle. Elles contiennent de larges extraits d’œuvres théologiques d’Anselme de Laon 3 . On y lit :

Queritur 4 utrum presbiteri excommunicati vel heretici possint dominicain corpus conficere an non. Responsio : postquam fuerint ordinati et si excommunicati vel heretici vel simoniaci fuerint, per sacra verba 5 que proferunt bene conficiunt dominicum corpus. Sed si ipse vel aliquis ei 6 communicans (et) sciens eum talem esse de manu eius dominicum corpus sumpserit, in iudicium sumit. Si vero aliquis eum talem esse nesciens... tarnen ei valet ac si de manu beati Pétri ceperit.

Sed dicet aliquis : Postquam excommunicatus est et ei a quoordines acceperit, ne divinum ofïicium celçbret interdictum fuerit, nullo modo dominicum corpus consecrare potest. Responsio. Si potest accipis pro débet 7 verum dicis. Sed si large accipis, non est verum. Postquam enitn ordinatus est, per sacra verba que proferet dominicum corpus eelebrabit nisi sil a suo episcopo degradatus. Quod autem per excoinmunicationem solam non sit degradatus, sic potest videri. Deturei a suo episcopo, facta absolutione, potestas sacrificandi, nulla regradatione facta, bene consecrare poterit.

Donc la dégradation 8 a pour effet de rendre absolument inac-

1. Histoire littéraire de la France, t. X, p. 3 1 3 ; H. Denifle, Arc hiv fur Litcratur etc., t. I, p. 588. C’est le ms. Bibl. Nat., lat. i8ii3(xii° siècle) dont le début est : Incipiunt sententiae Guillelmi Cat/ialaune nsis episcopi. Guillaume de Champeaux a été évêque de Chôlons, de iii3 A liai.

2. On y lit, à un folio que j’ai oublié de noter : « Secundum Cathalaunensem Guillelmurn, non admittantur ad publicam penitentiam... sed secundum episcopum Cantuariensem, quamdiu ille vixerit, nec ad publicam nec ad privatam penitentiam admittantur. » D’ordinaire un auteur ne $c cite pas lui-même : ces Qucstioncs ne sont donc pas de Guillaume de Champeaux. La mention de l’évêque de Cantorbéry est le résultat d’une confusion. De très bonne heure (déjà dans le ms. Bibl. Nat. lat. iG5a8), on a attribué les Quaestiones d’Anselme de Laon à Anselme de Cantorbéry. Ici il ne s’agit donc pas de l’évéquc de Cantorbéry, mais d’Anselme de Laon, dont l’avis est mentionné à côté de celui de Guillaume de Champeaux, Le choix de ces autorités indique le moment où ce texte a été écrit.

3. Le fait a déjà été constaté par M. Hauréau dans le Journal des Savants (i8o5, p. 444) à propos de la brochure G. Lefèvre, Ânselmi Laudunensis et Ha dulfi fratris eius sententiae nune primum excerptae, Lvrcux, i8q5. Ce fait ressort encore mieux d'une comparaison des Quaestiones du ms. i8ii3 avec les Sentences d’Anselme de Laon du Ms. Bibl. Nat. lat. i65a8.

4. Bibl. Nat., lat. i8ii3, f. 20 v. Ce même texte se trouve, avec quelques variantes, dans le manuscrit Bibl, Nat. lat. iG5a8, p. 454; on notera seulement les variantes les plus importantes.

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