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II. — Un texte à interpréter ou à. compléter

Une explication se présente aussitôt. L’expression non ordinatus s’entendrait d’un ministre qui n’aurait reçu aucune espèce d’ordination épiscopale soit vraie soit apparente. Évidemment pareille traduction ne fait, au point de vue théologique, aucune difficulté. Un évêque non ordonné n’en est pas un, et les simulacres d’ordination auxquels il peut se livrer n’ayant aucune valeur, tout ce qu’un tel personnage a cru faire est, non pas à recommencer, mais à commencer. Pareille traduction serait donc commode. Malheureusement elle est inacceptable.

Tout d’abord il est peu vraisemblable qu’un canoniste aussi exercé et aussi soucieux de brièveté que Roland ait pris la peine de formuler une vérité aussi évidente. En second lieu, cette

i. La troisième solution est relative nu cas où c’est très librement que lordinand se soumet i\ l’ordination d’un évêque hérétique quel qu’il soit, c est-à-dire ordonné ou non par les catholiques. Ici Roland ne fait aucune distinction. Comme ce clerc, agissant librement, commet une très grosse faute, en toute rigueur du droit, il devrait être complètement dégradé ; mais par miséricorde, on peut lui permettre d’exercer l’ordre qu’il a reçu antérieurement : « in proprio ordinc » s’oppose à « in collatis orainibus » du § i.

LES DÉBUTS DE L’ÉCOLE DE BOLOGNE

explication est démentie par les habitudes de composition de Roland. Celui-ci ne fait figurer comme élément essentiel d'une solution que des hypothèses précédemment formulées dans le prélude 1 . Or l’hypothèse du défaut absolu d’ordination ne se trouve pas dans les distinctions préliminaires. L’expression a non ordinato ne saurait donc s’entendre du défaut absolu d’ordination. Ces mots, qui paraissent simples, recouvrent une idée qui est à retrouver.

Voici la solution qui paraît la plus probable. On a vu que le § i formule deux conditions de validité de l’ordination hérétique. La première, est que l’évêque consécrateur hérétique ait été consacré par les catholiques. Par conséquent , du § i résulte cette conclusion que Vordination faite par un hérétique consacré par un hérétique est nulle. Ne serait-ce pas cette cause de nullité qui est formulée par les mots a non ordinato ? A priori une raison de le croire, c’est que les discussions de Roland sont didactiques et d’un plan très rigoureux. Elles forment un système cohérent et fortement lié. Dans un prélude, Roland distingue diverses hypothèses; dans les conclusions, il donne la solution répondant h chacune d’elles. Mais le prélude et les conclusions contiennent exactement les mêmes hypothèses. C’est ainsi que la nécessité de la forme prescrite se trouve mentionnée dans le prélude et les §§ i et 2. La qualité du consécrateur (ordonné par les catholiques ou par les hérétiques) est mentionnée dans le prélude et le S 1. Elle doit être mentionnée dans le § 2.

Dès lors deux hypothèses sont possibles : i° ou bien le texte de Roland contenait « a non ordinato a catholicis », les deux derniers mots étant tombés dans le manuscrit d’où dépendent les textes actuels 2 ; ou bien 2 0 Roland a pensé que le plan de sa discussion était assez clair pour lui permettre cette suppression 3 .

Ainsi compris, le texte de Roland est tout à fait dans la ma-

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