S. Cypriàxi Ep. 64, c. 1, p
DEUX TRADITIONS DANS L'ANCIENNE ÉGLISE
après une longue pénitence, et après l’approbation du peuple. Toutefois l’évèque Therapius admit, sans ces délais, à la communion laïque, un prêtre Victor qui avait apostasié. Saint Cyprien blâma ce manquement à la décision prise, mais maintint au prêtre le bénéfice du pardon qui lui avait été accordé prématurément.
Saint Cvprien assure qu’une décision pareille, prise au sujet des évêques, fut approuvée par le pape Corneille L Celui-ci a donc traité les évêques ayant apostasié comme les évêques qui avaient sacré l’antipape Novatien 1 2 . Toutefois la suite a montré qu'il y avait quelque différence entre le jugement porté a Rome et à Carthage, sur les évêques ayant fléchi pendant la persécution.
L’évèque d’Assuras, Fortunatien, qui avait apostasié, s’obstinait à exercer ses fonctions. En a5o, saint Cyprien dut écrire aux fidèles de l’évêque indigne. Cette lettre est sévère. Pour saint Cyprien, la sentence de déposition portée contre un évêque qui a apostasié est définitive, et ne saurait être cassée. Bien plus, l’évêque de Carthage justifie ce jugement par des raisons doctrinales; on dirait que, d’après lui, un tel évêque a perdu le pouvoir d’ordre :
Qui ergo gravia delicta in se adduxerunt, id est qui idolis sacrificando sacrilega sacrificia fecerunt, sacerdotium Dei sibi vindicare non possunt, nec ullam in conspectu eius precem pro fratribus facere, quando in evaogelio scriptum sit : De us peccatorem non audit 3 4 ... ne adhuc agere pro sacerdote conentur qui ad mortis extrema deiecti, ultra lapsos laïcos ruinae maioris pondéré proruerunt.
Si vero apud insanos furor insanabilis perse veraverit et recedente Spiritu Sancto quae coepit caecitas in sua nocte permanserit, consilium nobis erit singulos fratres ab eorum fai lac ta separare, et ne quis in laqueos erroris incurrat, ab eorum contagione secernere, quando nec oblatio sanetificari illic possit ubi Sanctus Spiritus non sit , nec cuicjuam Dominus per eius orationes etpreces prosit qui Dominum ipse violavit *.
Saint Cyprien veut-il dire qu’un tel évêque a perdu le pouvoir d’ordre? Il semble bien que oui. Saint Cyprien établit toujours un rapport indissoluble entre le pouvoir d’ordre et la possession du Saint-Esprit :
Déclarât in Evangelio suo Dominus, per eos solos posse peccata dimitti qui habent Spirituin Sanctum. Post resurrectionein enim uiscipulos suos