Ibid., c. 3 , p
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
mitlens loquitur ad eos et dicit : Sicut mis il me Pater , etc. (Io. XX, ai, a3). Quo in ioco ostendit eum solum posse baptizare et remissionem peccatoruin dare qui habeat Sanctum Spiritum... Manifestum est nec remissionem peccatoruin dari per eos posse quos constet Spiritum Sanctum non habereL
Ainsi d’après saint Cyprien, pas de Saint-Esprit, pas de sacrements. Donc les hérétiques, n’ayant pas le Saint-Esprit, n’ont pas de sacrements. Donc Fortunatien, n’ayant pas le Saint- Esprit, n’administre aucun sacrement. On ne voit pas comment échapper à cette seconde conséquence. Le cas de Fortunatien n’amena aucun conflit de l’Eglise d’Afrique avec Rome. Autrement en fut-il d’une autre affaire,
A la fin de l’année 254 , saint Cyprien fut amené à s’occuper des églises de Legio et d’Asturica, dont les titulaires, Basilide et Martial, avaient signé des libelli . Chacun de ces diocèses était divisé; les uns tenant pour l’évêque, les autres demandant une nouvelle élection. Le pape Étienne consulté avait approuvé le maintien des évêques sur leurs sièges *. Jusqu’à quel point cette décision était-elle contraire à celle des conciles de 26 1 et 262 qui avait été approuvée par Corneille? On ne saurait le dire exactement. En tout cas, à Rome, on admettait qu’un évêque apostat pouvait exercer le pouvoir d’ordre. On appliquait strictement le principe de Calliste, d’après qui un évêque notoirement coupable d’un péché mortel pouvait rester en place. Pourquoi Caire une exception pour le péché d’idolâtrie, puisque l’Église le remettait aux simples chrétiens? C’est précisément cette parité que saint Cyprien se refusait à admettre. Aussi prit-il parti vivement contre le pape Étienne; il parle des sacrements administrés par les deux évêques espagnols, comme des sacrements administrés par Novatien. Le parallélisme est complet.
Premier trait commun. — Pour saint Cyprien, les sacrements administrés par les schismatiques sont nuis, parce que ce sont des sacrements usurpés contre le droit de l’Église :
Quomodo perlicere quae agunt aut impetrare aliquid inlicitis conatibus de Deo possunt qui contra Deum quod eu non licet inoliuntur? Quare qui Novatiano sive ceteris eiusmodi schismaticis patrocinantur, frustra contendunt baplizari et sanctificari illic aliquem salutari baptismo posse, ubi constet baptizantem baptizandi licentiam non habere... Quomodo taies iustificare et sanctificare baptizatos possunt qui hostes sacerdotum aliéna et iniieita
i. Ibid., Ep. 69, c. ii, p. 759.
DEUX TRADITIONS DANS L’ANCIENNE ÉGLISE
et nullo sibi iure concessa usurpare conantur ... quamvis sciant id quod faciant non licere 1 ...
Second irait commun. — Le cas des novatiens est encore plus mauvais que celui de Coré, Dathan et Abiron, car ceux-ci n’avaient pas provoqué un schisme, et pourtant leurs sacrifices ont été nuis :
Tamen quia loci sui ministerium transgressi, contra Aaron sacerdotem, qui sacerdotium legitimum dignatione Dei adque ordinatione Domini perce perat, sacriiicandi sibi liccntiam vindicaverunt , divinitus percussi poenas statim pro inlicitis conatibus pependerunt, nec potuerunt rata esse et proficere sacrificia inreligiose et inlicite contra ius divina e dispositions oblata *.
Ainsi donc, pour saint Cyprien, légitimité et validité des actes sacramentels sont deux idées inséparables. La légitimité résulte de la conformité à la loi de Dieu. Or cette loi est violée par Basilide et Martial 3 . Aussi sont-ils assimilés à Coré, Dathan et Abiron « qui sacrificandi licentiam tibi vindicaverunt » ; aussi parle-t-on de leur « iniustum adque inlicitum episcopatum 4 ». Voici la conséquence :
Cumque alia multa sint et gravia delicta quibus Basilides et Martialis implicati tenentur, frustra taies episcopatum sibi usurpare conantur , cuinmanifestins sit eiusmodi homines nec Ecclesiae Christi posse praeesse, nec Deo sacrificia olfere debere 5 .
C’est pour ce motif que des évêques indignes, tout aussi bien que des novatiens et de Coré, Dathan et Abiron, on peut dire : <( Sacrificia eorum tamquam panis luctus, omnes qui manducant ea contaminabuntur. » Aussi la nécessité est-elle la même d’éviter les évêques schismatiques et les évêques indignes :
Nec sibi plebs blandiatur quasi immunis esse a contagio delicti possit cura sacerdote peccatore communicans, et ad iniustum adque inlicitum praepositi sui episcopatum consensum suum commodans, quando per Osee prophetam comminetur et dicat censura divina : Sacrificia eorum tamquam panis luctus, omnes qui manducant ea contaminabuntur, docens scilicet et ostendens omnes omnino ad peccatum constringi quique fuerint profani et iniusti sacerdotis iudicio contaminati... propter quod plebs obsequens praeceptis dominicis et Deum metuens a peccatore praeposito separare se
1. Ibid., Ep. 69, c. 8, p. 757; c. 10, p. 758 et p. 759. «. Ibid., c. 8, p. 757.