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Suppléer le sujet - Urbanus

4 . Ce sont les canons 8 -iq du concile de Plaisance cités et discutés plus haut.

5. C. I, q. 7 , c. a 4 . C’est la lettre d’Urbain II uu sujet de Duibcrt.

LES HÉOKDINATIONS. 21

IA THÉOLOGIE DE L’ÉCOLE DE BOLOGNE

ministre. Entre elles et la suspense, il n’y a qu’une différence de degré. Aussi tous les sacrements conférés par un ministre déposé ou dégradé sont-ils valides :

Item queritur quid suspensus amittat in depositione, qui nisi ordinem nil h a beat, qui amitti non potest. Secundum G[andulpnum] sol a in executionem quam prius temporaliter [amiseratj amittit perpetuo... secundum G[andulphum] potestas aptitudinis vel potestas faciendi, que eadem est, nunquam amitti potest, et ideo ordo usque in infinitum est ambulatorius

Ici encore revient l’expression créée par Gandulph pour dire que le pouvoir d’ordre ne saurait être lié.

Gandulph a trouvé la raison décisive pour combattre une doctrine injustifiée, accréditée depuis trop longtemps. Sans doute il n’a pas eu immédiatement gain de cause. Mais son enseignement fait date dans l’histoire de la théologie non seulement à l’École de Bologne, mais encore’ dans toutes les écoles de la fin du xn* siècle.

Si la théologie de Gandulph n’a pas eu un succès immédiat, la raison en est d’abord que les habitudes de l’école étaient trop fortes pour être changées d’un seul coup, et, aussi, qu’il y avait quelques points faibles dans l’enseignement du professeur de Bologne. C’est ainsi que, par réaction, Gandulph a exagéré, jusqu’à la fausser, l’idée vraie qu’il venait de conquérir. Il avait affirmé l’efficacité objective des sacrements, et, pour le baptême et l’ordre, il avait montré que ces sacrements produisent dans l’âme, indépendamment des dispositions du sujet, un effet qui, persistant dans l’âme, empêche la réitération de ces rites. Mais en poussant cette vérité à bout, Gandulph n’a pas fait les réserves nécessaires. Par exemple, il y a au moins une disposition qui est requise chez le ministre du baptême, c’est l’intention d’administrer le sacrement. Or Gandulph, exagérant l’efficacité objective des sacrements, déclare que cette intention n’est pas nécessaire, et que l’action matérielle du baptême suffit i. 2 . Bien plus, il applique sa théorie au sujet qui reçoit le sacrement : chez ce sujet, aucune intention de recevoir

i. Ce passage, comme les précédents, est emprunté au traité juridique décrit plus haut (p. 3ip) et se trouve dans le manuscrit de la Bibliothèque royale de Bamberg P. IL 4, fol. aq r.

a. Fr. Schulte, Die Glos&c zum Decret etc., p. 53, n° 17 : « c. 3i, D. IV, De eonsecr. Ar[gumcntum] quod baptizatus est quem sine intentione bnptizandi feaptizo. G. » Cette glose est tirée du ms. 90G (début du xm e siècle) de la bibliothèque de la ville de Trêves.

le sacrement ne serait requise ; car ce sujet peut recevoir le baptême malgré lui, ou dans un état complet d'inconscience, comme le sommeil, et être pourtant réellement baptisé K Comme la première, cette seconde affirmation est contraire aux conclusions les plus assurées de la théologie. Le professeur de Bologne est passé d’un extrême à l’autre. La chose est fort compréhensible. N’est-ce pas dans la nature de toute réaction d’être exagérée et dangereuse?

i. Ibid.., p. 54, n® a3 : « c. 3i, D. IV, De consecr ad verbum approbandua ; « G. dicit etiam ita baptismum conferri [scilicet fictr datas], Quid autem si invito ? Quid autem si dormienti ? Dicit quocpie quod et illis baptismus confertur. Numquid enim, si posten consentiant, illi sunt rebaptizandi ? Certc non, sed nunquam consensus eos fecit esse baptizatos. Sed de hoc dubitatur magis, an sint cogendi permanere fidèles. G. dicit, ita, arg[umcntum] Dist. XLV, De lu daeit, [c. 5J. »

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