Ibid., c. G, p
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
debet, nec se ad sacrilegi sacerdotis sacrificia miscere, quando ipsa maxime habeat potes ta Ce m vel eligendi dignos sacerdotes vel indignas recusandi l .
Il est sûr qu'à Rome on n'aurait pas accepté ces maximes. Il n’est pas possible de les affaiblir, parce qu’elles se retrouvent, avec toute la clarté possible, dans la lettre de Firmilien de Césarée à saint Cyprien. On sait que les deux évêques avaient la même théologie, et que l'évêque de Césarée copie presque servi* lement son collègue. Or Firmilien déclare qu’il fait rebaptiser les chrétiens baptisés par un évêque qui a faibli pendant la persécution 2 .
A quelle cause attribuer cette divergence, au sujet des évêques indignes, entre l'Église de Rome et celles d'Afrique et d'Asie? Une première cause peut être signalée dans l'interprétation différente qu'on donnait des décisions de 2 j i et 25 a relatives aux clercs lapsi, et dont voici le texte :
Cum iam pridem nobiscum et cum omnibus omnino episcopis in toto mil tid o constitutis etiam Cornélius collega noster, saeerdos pacificus ac iustus et niartyrio quoque dignatione Domini honoratus, decreverit eiusmodi homines ad paenitentiam quidem agendain posse admifti, ab ordinatione autem cleri adque saeerdotali honore prohiberi 3 .
Évidemment la différence de doctrine entre l'Église romaine et saint Cyprien provenait de l'interprétation de cette « prohibitio ». L’Église romaine l’interprétait à peu près dans le sens de la déposition canonique d'aujourd'hui. Une telle peine rend illicite mais non pas nul l'exercice de l'ordre. Et comme le pape Étienne accordait le pardon à Basilide et Martial, il reconnaissait, sans difficulté, la réalité de leur pouvoir d’ordre. Quant à saint Cyprien, non seulement il attribuait à la déposition des deux évêques indignes un caractère définitif, mais encore, par sa théorie de la « licentia », il était amené à refuser et la légitimité et la validité aux sacrements administrés par Basilide et Martial. Il nous fournit donc, le premier, une théorie de la déposition qui a eu des partisans, non seulement dans l’antiquité, mais encore jusqu’au milieu du xm e siècle.
Enfin, quand on parle de la théologie de saint Cyprien, on ne saurait oublier le rôle considérable qu'il attribue au Saint- Esprit. Cette influence divine paraissait absolument requise à