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VI. — Doctrine de saint Raymond de Penn&fort

C’est saint Raymond de Pennafort qui a donné le dernier coup à la théorie bolonaise, dans la première moitié du xiii* siècle. Raymond fut amené a s’occuper des ordinations conférées en dehors de l’Église. Comme Robert de Flamesbury, il y fut amené en écrivant un pénitentiel. C’est la célèbre Summa de paenitentia et matrimonio. On y lit :

i. Ms. P. II. 4 , fol. 28 v., de la Bibliothèque royale de Bamberg. Gf. plus haut, p. 3iq. Cette explication ressemble beaucoup à celle de la Summa Lipsiensis. C’est que les deux dépendent d’une Glose de Jean de Faenza.

a Ibid., fol. 29 r.

L’ABANDON DE LA THÉOLOGIE DE BOLOGNE

Nota quod Joannes et lloffretlus 1 dixerunt quod episcopus haeretieus qui recepit ultimam manus impositionem, id est ordinem cpiscopalem, in Ecdesia, ordines confert sed non ordinis executionem ; si autem extra, nihil confert, nec ordinem nec ordinis executionem, quia nihil receperat... Dicas ergo cum Laurentio, Vincentio et aliis fere omnibus, quod, seu quis recipiat ultimam manus impositionem in Ecclesia seu extra, dum tamen formam Ecclesiae servet in ordinando, et in forma Ecclesiae fuerit ordinatus, semper verum ordinem confert, sed non ordinis executionem, et hoc sive seienter, sive ignoranter alius ordinetur ah eo.

LJnde regulariter teneas quod episcopi et sacerdotes, sive sint excommunicati, sive haeretici, sive depositi, vera conferunt sacramenta, dum tamen in forma Ecclesiae*.

La saine théologie remportait. Toutefois, dans les écoles de droit d’Italie et surtout à Bologne, on avait trop discuté sur la nécessité de la « licentia ordinis exsequendi » quant à la validité de l’exercice de l’ordre, pour qu’il n’en restât pas quelque chose. Roland, Rufin, Jean de Faenza, Bernard de Pavie avaient fait de la « licentia ordinis exsequendi » une condition de validité de l’ordre. Ils avaient admis que cette « licentia » se perdait ipso facto dans le schisme ou l’hérésie. De là l’arrêt de la transmission du pouvoir d’ordre dans le second évêque hérétique. Gandulph, Huguccio, Raymond de Pennafort ont fait écarter cette idée.

Mais elle a survécu sous une autre forme. Le retrait de la « licentia ordinis exsequendi » a été réservé à une intervention extraordinaire du pape. Du fait de cette restriction, ce retrait de la « licentia » a vu ses effets singulièrement aggravés. On a admis que le pape pouvait lier, d’une manière complète, non seulement le pouvoir d’ordre des évêques et des prêtres, mais encore le pouvoir de tout homme de baptiser.

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