Epiât. 167, n. 1, dans P. L„ t. LIV, col. iao
4. Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XVIP siècle, partie seconde (i 63 o-i 65 o), p. 319, Paris, 1719.
HISTORIQUE DE LA QUESTION
Le protestant L. Hahn, dans son utile histoire des sacrements 1 , a consacré quelques pages aux conditions de validité de l’ordre. D’après lui, jusqu’à l’époque de la scolastique, les théologiens ont été divisés sur la validité de l’ordination conférée en dehors de l’Église. Il compte saint Jérôme, Damase, Innocent I, Léon le Grand, le pape Pélage, Grégoire I, le synode de Rome de 1 102, celui de 1 163 parmi les autorités qui se sont prononcées pour la nullité de ces ordinations; il donne même en note des références. Malheureusement, ici comme ailleurs, Hahn n’est pas de la dernière précision. Son texte de Damase est la Fausse décrétale sur les chorévêques ; il oublie que saint Grégoire s’est élevé avec force contre les réordinations. D’après Hahn, la transition entre cette première théologie et celle des scolastiques est formée par Gratien, Pierre Lombard et Gerhoh de Reichersberg. C’est simplifier la question.
Les études d’HergenrOther sur les réordinations sont remplies de textes et de bonnes discussions 2 . Mais elles sont très touffues et peu concluantes. L’auteur a poussé à l’extrême son principe d’ailleurs juste : « Jusqu’à ce que les plus pressantes raisons s’offrent à nous, nous ne devons pas admettre que la pratique de l’ancienne Église soit opposée à celle d’aujourd’hui 3 ». Pour le concile romain de 769 et les réordinations de Constantin, il remarque que les Actes authentiques du concile sont perdus, ce qui est une assertion inexacte ; il oppose au témoignage formel d’Auxilius attestant les réordinations d’alors l’avis des théologiens. En conclusion, pour lui, il est « vraisemblable » qu’il s’agit ici d’ordinations illicites mais non invalides 4 . Tout cela est d’une méthode historique bien contestable. Il faut renoncer à rien savoir de l’histoire, si on récuse le témoignage des textes confirmé par l’interprétation de toute l’antiquité ecclésiastique.
Pour lui, le concile de Soissons de 853 a, « comme il semble »,
1. L. Hahn, Die Lehre von den Sakramenten in ihrer geschichtlichen Entwick lung innerhalb, des abendVàndischen Kirche bis zum Concil von Trient, p. 237- 241, Brcslau, 1864.
2. Cf. Hergenrof.ther, Die Reordinationen der alten Kirche, dans la Ocsterreichische Vierteljahresschrifi fiir katholische Théologie (t. 1 , 1862), p. 207-252 et 387-457. La première partie de cette étude est reproduite, sous forme d 'excursus, dans le grand ouvrage du même auteur Photius Patriarch von Constantinopel, t. II, p. 321-376, Ratisbonne, 1867. Cet excursus contient l’histoire des réordinations jusqu'à la fin du x* siècle. Pour avoir l’histoire de ces controverses du xi* siècle au xin* siècle, il faut consulter la revue déjà citée, p. 387-456.