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Ibid., p

HISTORIQUE DE LA QUESTION

Hergenrôther ne mentionne pas le concile de Girone de 1078, ni le texte de Pierre Damien au sujet des réordinations de Léon IX (tanquam noviter ordinavit). Son enquête sur la doctrine d’Urbain II n’est pas complète. Il ne parle pas du rite usité pour la réconciliation des clercs schismatiques. Il est plus à son aise en parlant de la doctrine aux xn e et xm e siècles, parce que l’autorité des papes ne lui paraît pas aussi engagée. Pour toute cette période, il fait de très larges emprunts à Morin, à qui il doit la plupart de ses références.

On n’en remarque que mieux certaines omissions. Hergenrôther ne dit rien des réordinations effectuées par Lucius III. Ce fait est pourtant mentionné par Robert de Flamesbury cité par Morin. Hergenrôther fait allusion à ce même texte, pour montrer la conformité de l’enseignement de Robert avec la théologie actuelle ; il ne dit rien des réordinations qui y sont mentionnées 1 . Il ne dit rien du texte si curieux d’innocent IV cité aussi par Morin. Enfin, lorsque Hergenrôther apporte un texte nouveau tiré de la Somme de Bernard de Pavie, son embarras est extrême. Il y est question de la réordination d’un diacre faite par Urbain III (1185-87). H écrit : « Ce cas ne s’accorde pas très bien avec ce qui est dit précédemment que les ordinations des schismatiques, surtout si leur schisme était contre l’Eglise romaine, devaient être « irritae », et que les clercs revenant de l’hérésie sont, par dispense, reçus dans leurs ordres. » Toujours la même manière de faire évanouir certains textes. Comme notre Morin avait plus de fermeté de vue !

Le regretté professeur P. Schanz, de la Faculté de théologie catholique de Tubingue, a fait aussi une place à l’exposé de cette question, dans son traité sur les sacrements 2 . Il admet tout l’essentiel de l’exposé de Hahn, auquel il se réfère. Toutefois il l’enrichit par ses emprunts à Kober et à Hefele. Il semble attribuer des réordinations à Léon IX, mais ne mentionne pas Urbain II.

1. C’est le texte d’Huguccio de Pise reproduit par Robert, cf. plus haut, p. 3 aQ. Hergenrôther se réfère ù Robert de Flamesbury, dans VOesterreichische Vicrteljahresëchrift etc., t. I, p. 454.

a. P. Schanz, Die Lettre von den heiligen Sacramenten der kaiholischen Kirche, p. 694-695, Fribourg en B., 1893.

CONCLUSION

B. Jungmann a consacré une dissertation aux controverses relatives aux conditions de validité de l’ordre. Il déclare, dès le début, qu’il suivra le remarquable exposé donné par Hergenrôther dans son Photius . Cette déclaration n’annonce pas un travail très personnel. Était- il bien utile de résumer Hergenrôther? Toutefois Jungmann se réfère au traité de Morin 1 . On se prend donc à espérer qu’il aura, de nouveau, introduit dans le débat les textes caractéristiques écartés par Hergenrôther. Il n’en est rien. Les données du problème apparaissent, sous une forme encore plus appauvrie, dans Jungmann 2 . L’auteur voulait examiner les « praecipua facta et argumenta» delà question. Il faut convenir qu’il a bien mal fait son choix.

Jungmann établit quelques principes grâce auxquels le problème « aptissime solvitur 3 ». 11 est incontestable que ses observations sont judicieuses, et peuvent trouver leur application dans bien des cas. Mais la question est de savoir si elles rendent compte de tous les faits connus, et même des quelques faits mentionnés par Jungmann. Sur ce point, je n’hésite pas à répondre négativement. Il est certain qu’il s’agit d’ordinations milles et réitérées dans l’affaire de Constantin, de Serge III, de Léon VIII; les ordinations d’Ebo ont été déclarées nulles au concile de Soissons. Aucune interprétation bénigne ne peut dissoudre ces textes 4 .

Après ces constatations, le lecteur n’en regrette que plus l’indifférence de Jungmann à l’égard de beaucoup d’autres textes caractéristiques, dont il ne souffle pas mot, et qui avaient été pourtant signalés par Morin : la lettre de l’Église de Constantinople à Martyrius d’Antioche, les textes de Pierre Damien relatifs à

i. B. Jungmann, Dissertations selectae in historiam ecclesiasticam, t. IV, p. i io - i 34 (Controversia de reordinationibus ), Ratisbonne, 1884.

a. Il examine seulement la controverse sur les ordinations de Formose, les ordinations de Photius, d’Ebo, de Constantin, des textes de Théodore le Studite, la condamnation de Maxime par le concile de 38i, le concilê de Saraçosse, les ordinations de Léon VIII, les traités de Pierre Damien et de Deusdedit; les décisions du premier concile de Nicée; la lettre de saint Léon & Rustique de Narbonne. Enfin il ajoute (Ibid., p. 118 ) : « Saeculo duodecimo adhuc modo satis confuso de valore ordinationum collatarum ab haereticis aliisve praesulibus in di gui s litigatum est. »

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