‹ Les réordinationsChapitre 241 sur 264 · Mirbt, op. cit., p · texte numérisé non relu

Mirbt, op. cit., p

6. Ibid., p. 419 (Hahn, Die Lehre von den Sakramenten etc., p. 238).

CONCLUSION

Quant aux controversistes du xi e siècle, M. Mirbt rapporte leur doctrine « sur les sacrements des prêtres simoniaques et mariés ». C’est réunir des questions très différentes. La validité des sacrements administrés par les prêtres mariés n’a jamais été sérieusement mise en doute. Le précepte d’éviter leur fréquentation est d’ordre disciplinaire, non théologique. On ne saurait admettre , non plus, la classification des théories des controversistes en trois groupes 1 * : « i° Les sacrements des ministres simoniaques et excommuniés ne sont pas des sacrements et n’ont absolument aucune efficacité ; 2 0 Ce sont des sacrements, et ils confèrent la grâce de Dieu; 3° Ce sont des sacrements, mais qui ne confèrent pas la grâce de Dieu. »

Ces deux dernières divisions n’ont qu’une valeur apparente, purement verbale, parce que tel auteur, par exemple Pierre Damien, appartient a l’une et à l’autre. En effet, Damien admet qu’une ordination reçue à prix d’argent confère le sacrement et non la grâce ; tandis que l’ordination reçue gratuitement d’un simoniaque notoire confère la grâce et le sacrement. M. Mirbt a employé', sans se rendre bien compte de leur signification, les définitions de la théologie actuelle. Pour donner une classification de ces théories, il eût fallu employer les termes des auteurs du xi* siècle. Enfin on ne saurait ranger parmi les théoriciens de la nullité l’anonyme d’Hirschau ni Geoffroy de Vendôme. Anselme de Lucques, Bonizo doivent être rangés avec Pierre Damien, dans la même catégorie. Il n’y a aucune différence de doctrine entre le traité De reordinatione vitanda et le De sacramentis excommunicatorum de Bernold. Pourtant M. Mirbt place le premier dans la seconde catégorie, et le second, dans la troisième 3 .

On voit ce que valent de pareilles classifications. Les longues pages consacrées par M. Mirbt aux controverses du xi® siècle sur les sacrements, sont un chef-d’œuvre de confusion. Et c’est lui qui parle volontiers du « sacrificium intellectus » en usage, depuis le bon vieux temps, chez les catholiques !

Dans l’étude des réordinations, les préoccupations d’apologétique et de dénigrement ont été également préjudiciables aux

i . Ibid., p. 43o.

a. Ibid., p. 383, 385, 400, 397, 399.

RÉSUMÉ

historiens. Il vaut mieux essayer d'entrer dans les dispositions recommandées par Morin : « Si quis tamen haec [les textes relatifs aux réordinations], ut catholicum decet, oculis aspiciat aequis, non transversis et hircinis, facile conciliabit, nec erit illi necesse absurdos et inauditos sensus verbis Patrum affingere, phrases planas et obvias velut in aequuleo torquere, susque deque flectere, vertere, trahere, ut quod anticipata opinio praeiudicavit, tandem exprimant 1 . »

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