III. — NOTES
P. 18-22. Quant à la théologie du pape Étienne, l’accord n’est pas fait sur tous les points. Voir, à ce sujet, l’état de la question dans la Theologische Revue de Mtlnster (1906), n 08 13-14, p. 401-405.
P. 23, n. 3. P. Schanz ne s’est pas occupé de la réconciliation des hérétiques dans l’ancienne Église. Il aurait été amené à constater qu’à Rome cette réconciliation s’est toujours faite suivant le rite pratiqué par le pape Étienne. Gomme, d’après Schanz, ce rite d’Étienne consistait dans la réitération de la confirmation, il résulte de ces faits un problème théologique qu’on aurait été heureux de voir résolu par
Cette question de date a uniquement de l'intérêt pour déterminer pendant combien de temps, à Rome, on a considéré comme nulle la confirmation administrée en dehors de l’Église. Cette question a d’ailleurs son importance, pour l’histoire de la théologie.
i. On a quelquefois répondu h cela que l’imposition des mains par laquelle l’antiquité réconciliait les hérétiques était un rite pénitentiel. Cette assertion est contredite par le texte des anciens Sacramentaires, qui ont conservé la prière qui accompagnait cette imposition des mains. Cette prière est la même que celle de la confirmation.
APPENDICE
Schanz. C’est ce même problème qui est discuté dans cet Appendice , §2.
P. 39. Sur la manière dont Photius s’est réclamé de la décision de Nicée au sujet des méléciens d’Égypte, voir p. 144, n. 3, et 145, n. 3.
P. 67. Ce texte de saint Augustin ( Contra epistolam Parmeniani , II, 28) suppose connus les principes de saint Augustin sur l’administration du baptême par un laïc ou par un infidèle. Voici pour le laïc : « Nulla enim cogente necessitate si fiat, alieni muneris usurpatio est ; si autem nécessitas urgent, aut nullum autveniale delictum est. » (Ibid., II, 29). Quant à l’infidèle : « Utrum et ab hiis qui nunquam fuerunt christiani possit baptismus dari, nec aliquid temere inde affirmandum est sine auctoritate tanti coneilii quantum tantae rei sufficit. y (Ibid,, II, 30).
P. 112 et suiv. Dans la Revue d' Histoire ecclésiastique de l’Université de Louvain (1906), M. P. Fournier publie une série d’articles intitulés : Étude sur les Fausses décrétales. C’est un exposé particulièrement complet et autorisé de la question.
P. 126-128. C’est une question de savoir si Hincmar n’a pas retouché les Actes du concile de Soisàons de 853, avant de les envoyer à Rome. M. Schrôrs a remarqué qu’il n’y a pas identité entre les Actes que nous possédons et ceux que lisait Nicolas I. Cf. II. Schroers, Hinkmar, p. 64, n. 57. Cette retouche des Actes du concile de Soissons s’expliquerait bien par le changement de thèse d’Hinemar, qui a soutenu finalement l’illégitimité et non pas l’invalidité des ordinations faites parEbo après sa déposition.
P. 140-143. Le langage de Nicolas I etd’ïladrien II sur les ordinations faites par Photius peut faire croire à la nullité, pour ces papes, des ordinations de Photius. Toutefois, je crois que l’interprétation proposée dans ce livre a plus de chances d’être la vraie. Il faut tenir grand compte, me semble-t-il, de l’acceptation des ordinations de Photius par Jean VIII. Celui-ci avait des principes rigoristes en matière de validité de l’ordre, puisqu’en 880 il faisait réordonner l’évêque de Verceil ordonné par un archevêque excommunié. Avec ces principes, aurait-il accepté, l’année précédente, en 879, les ordinations de Photius, si celles-ci avaient été considérées comme milles par ses prédécesseurs ?
P. 179. Cette cérémonie prescrite par Fulbert de Chartres s’inspire de la plus exacte théologie. Mais c’est une solution personnelle de Fulbert. Si elle avait été inscrite dans les livres liturgiques, on n’aurait pas imaginé, à la fin du xi° siècle, de réconcilier le clergé schismatique d’Allemagne par la réitération de tous les rites de l’ordination sauf fonction.
P. 182 et suiv. La collection canonique en 74 titres étudiée par les Ballerini, Theiner et MM. Thaner et P. Fournier, est attribuée par ce dernier au pontificat de Léon IX (1048-1054). Voir P. Fournier, Le premier manuel canonique de la Réforme du XI e siècle , Extrait des Mélanges d'archéologie et d'histoire publiés par l’École française de Rome, t. XIV, tiré à part, p. 1-86, Rome, 1894. Dans cette Collection , on lit sous le n° 38 (op, cit. y p. 33) : De iiis qui ab haereticis ordinan-
APPENDICE
tur, In decretis Innocenta : c Ordinati ab haereticis... invenire non possumus. » Ce texte est tiré de la lettre d’innocent I aux évêques de Macédoine (cf. plus haut, p. 69). C’est la fameuse décrétale Ventum est , que les théoriciens de la nullité des ordinations simoniaques opposaient sans cesse à Pierre Damien. Celui-ci nous dit, dans le Liber gratissimus ( Libelli , t. I, p. 62) : « Quotienscumque pro his qui a simoniacis ordinati sunt, loquimur, ilico ad Ventum est veniunt, Ventum est ingerunt, Ventum est oculis, ut inspiciamus, opponunt. Et nos etiam ad Ventum est veniamus. »
N. B. — P. 184-186, on a admis que le texte de Pierre Damien : « Léo papa plerosque simoniacos et male promotos tanquam noviter ordinavit », devait s’entendre de la réordination habituelle des simoniaques par Léon IX. Cette interprétation est aussi celle de canonistes autorisés. Elle ne saurait donc passer pour imprudente ou manifestement erronée. Toutefois c’est un agréable devoir pour moi de dire que certains textes de Pierre Damien rendent cette interprétation douteuse. D’ordinaire, pour parler de réordination, Damien emploie le mot « reconsecratio ». Bien qu’il emploie quelquefois le mot « ordinatio » pour désigner le sacrement de l’ordre, il se sert plus souvent de celui de « consécration ».
Dès lors il faut accorder une portée spéciale à un texte de Pierre Damien, dans lequel le mot « ordinatio » correspond à l'institution canonique d’aujourd’hui 2 . Comme ce dernier texte est contemporain de celui qu’il s’agit d’interpréter, il paraît plus probable d’entendre les mots « tanquam noviter ordinavit » de la réitération de l’institution canonique.
Cette réitération a dû revêtir la forme employée au concile de Reims de 1049. L’évêque de Nevers, accusé d’avoir bénéficié d’une promotion simoniaque, déposa sa crosse aux pieds de Léon IX, et en reçut une nouvelle 3 . Cette procédure doit être rapprochée de l’interprétation donnée par le cardinal Humbert de la « traditio baculi ». Cet acte lui paraît le plus essentiel de la consécration épiscopale 4 . Nul doute que cette théorie singulière n’ait été inspirée par la pratique de Léon IX. Cette théorie du cardinal Humbert est d’ailleurs très voisine de l’interprétation, proposée par Pierre Damien, de l’ordination de saint Apollinaire de Ravenne (cf. plus haut, p. 198).
En résumé, le texte de Pierre Damien semble dire que Léon IX a réconcilié la plupart des évêques simoniaques par la réitération de l’institution canonique, au moyen de la « traditio baculi ». Les véritables réordinations effectuées par Léon IX ont eu un caractère exceptionnel. L’exposé qui précède doit être modifié dans ce sens. De la sorte on