P. G., t. VI, col
3 . Dans le langage ordinaire de l’Église grecque, à cette époque, ^stpoOeuCa désigne le rite intégral de la confirmation : imposition des mains et consignatio avec le chrême. Mais ce n’est pas dans ce sens que l’auteur emploie ce terme, car celui-ci ferait double emploi avec rèiu^PKiiÇ toù Aycou pupou ou co«signatio, dont il est qu stion à propos de la réconciliation des laïcs Hérétiques. Dès lors, la YEipoOEoia doit être un rite distinct de l’^t^puriç ou consignatio, rite essentiel ae la confirmation pour les grecs.
tiques doit être complété par la confirmation (èrcfypKJiç tou ixüpou); par analogie, il veut indiquer un complément de l’ordination conférée par les hérétiques. A cet effet, il mentionne la ^£tpoOe?Cx prescrite par le concile de Nicée au sujet des novatiens, sans prendre garde qu’elle est identique à la confirmation. Somme toute, la solution proposée par lui paraît non pas suggérée par la pratique de son Église, mais déduite des textes, à une époque où on avait perdu le sens exact de ceux-ci. On devait donc être assez embarrassé, dans le patriarcat d’Antioche, sur la manière de réconcilier les hérétiques, clercs et laïcs, qui se convertissaient. Une consultation fut demandée a Constantinople. Elle s’est conservée. C’est une lettre adressée au patriarche Martyrius d’Antioche (459-471). On y lit :
Qiiod Arrianos quidem et Macedonianos et Novatiakos qui se puros et puriores dicunt, et Quartodecimakos sive Tetraditas et Apollinaristas recipirous libellos dantes, et omnem haeresim anathematizantes quae non sentit ut sancta nostra et catholica Ecclesia, cuius tu praeses et caput, beatissime, sentit, et siguatossive unctosprimum sancto chrismate, frontem et narcset aures et pectus et omnes sensus ; et eos signantes dicimus : Signaculum doni SpiritusSancti et postea , lit probati laïci , ordinantur illiqui inter eos prius sive presbyte ri, sive diaconi , sive subdiaconi , sive cantores, sive lectores fuerant.
EuitOMiANos autem una mersione baptizatos, et Mqktanistas qui hic dicantur Phryges et Sabbllianos qui eumdem esse Patrem et Filium opinantur, utrumque simul confundentes et alia gravia indigna faciunt ; et alias omres haereses : cjuoniam hic multi sunt haeretici, et maxime qui ex Galatarum regione veniunt; quicumque ex his rectae fidei adscribi volunt, ut Gentiles admittimus... et tune eos baptizamus 1 .
Relativement h la réconciliation, l’Église de Constantinople divisait les hérétiques en deux catégories. La première comprenait les ariens, les macédoniens, les novatiens, les quartodéciraans et les apollinaristes. De tous ceux-là, on admettait seulement le baptême comme valide : leur confirmation et leur ordination étaient considérées comme nulles : elles devaient être réitérées. La seconde catégorie comprenait les hérétiques dont on n’acceptait aucun sacrement : c’étaient les eunomiens, les montanistes, les sabelliens et tous autres hérétiques. Il n’est pas question desnestoriens ni des monophysites, parce qu’ils n’étaient pas organisés en groupes séparés. On verra plus loin comment ils ont été traités, un demi-siècle plus tard. Nul doute que l’usage de l’Église de Constantinople mentionné dans la lettre
1. G. Reveridge, Synodicon sive pandectae etc., t. Il, Annotationes , p. 100, Oxford, 167a. Dans ce texte, après Macedonianos ajouter et Sabbatianos.
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
à Martyrius ne doive son origine à cette idée que les sacrements des hérétiques doivent être complétés. On complétait leur baptême par la confirmation. Comment compléter leur ordination? On a hésité quelque temps, ainsi que le prouvent les Quaestiones et responsiones ad orthodoxos , dont il vient d’être question. Puis, en l’absence de tout rite propre à cette fin, on s’est décidé à réitérer l’imposition des mains de l’ordination : c’était réitérer l’ordination elle-même. Au cours de l’histoire de l’Église, mainte tentative pour compléter ou guérir une ordination faite extra Ecclesiam a abouti, pour ce motif, à de vraies réordinations.
Cet usage de l’Église de Constantinople est intéressant, parce qu’il est la conclusion des doctrines de l’Église grecque pendant les iv e et v* siècles. Il résume un assez grand nombre de faits particuliers, et donne la clé des discussions, souvent assez confuses, de la période antérieure. Enfin il enregistre l’opposition finale existant entre l’usage oriental et celui du monde latin. Un mot au sujet de chacune de ces catégories d’hérétiques, afin de montrer comment l’usage oriental a évolué dans le sens de la sévérité.