‹ Les réordinationsChapitre 31 sur 264 · IV. — Réordin&tion des ariens et des macédoniens · texte numérisé non relu

IV. — Réordin&tion des ariens et des macédoniens

Tandis que les ariens niaient la divinité du Fils, les macédoniens niaient celle du Saint-Esprit. Leur cas était analogue. Aussi, dans la seconde moitié du v* siècle, l’Église de Constantinople traitait-elle les ariens et les macédoniens de façon identique : elle leur réitérait la confirmation, et, lorsqu’il s’agissait de clercs, l’ordination. On acceptait donc leur baptême. Ce résultat ne fut pas obtenu sans résistance. Vers 3^5, saint Épiphane atteste que des catholiques, sans se réclamer d’une décision conciliaire, prenaient sur eux de rebaptiser les ariens. L’évêque de Salamine blâme énergiquement cette pratique 3 . Il est plus surprenant de constater que saint Athanase a été sur le point de rejeter le baptême et, par suite, l’ordination des ariens. Mais, ici, il y a des nuances à noter.

La grande objection de saint Athanase contre l’arianisme, c’est que cette hérésie compromet et ruine l’œuvre de la rédemption. C’est parce que Jésus-Christ est l’Homme-Dieu qu’il peut remplir le rôle de médiateur. Nier l’humanité ou la divinité du Sauveur, c’est rendre impossible la rédemption, qui, pour saint Athanase, consiste dans la divinisation de la nature humaine : « Idcirco huiusmodi copulatio [Dei et hominis'in Christo] facta est, ut eum qui natura homo est, cum illo qui natura Dei est, coniungeret, hocque pacto firma (0£6ata) csset eius salus et deificatio 4 . » Au contraire, en enseignant que le Christ est une

Page 1