‹ Les réordinationsChapitre 33 sur 264 · V. — Réordination des quartodécimans et des apollinaristes · texte numérisé non relu

V. — Réordination des quartodécimans et des apollinaristes

A Constantinople, d’après la lettre à Martyrius, les quartodécimans étaient traités tout comme les ariens : on leur réitérait la confirmation et l’ordination. Ces quartodécimans constituaient de petits groupes, dans la province d’Asie. Pour eux, la fête essentielle de la semaine pascale était non pas la commémoraison de la Résurrection, mais celle de la Passion. Ils célébraient le souvenir de la Passion le i4 du mois de nisan, le jour même de la Pâque juive. De là leur nom 4 .

1. F. Kàuffmànn, Aus der Schule des Wulfila Auxenti Dorostorensis epistula de fide vita et obitu Wulfilae im Zusammcnhang der Dissertatio Maximini contra Ambrosiiun, p. 78, Strasbourg, 1899.

2. S. Augustin, second sermon De Symbolo ad catechumenos , n°a4; sermon De IV feria sivc de cultura agri dominici, n° 8 ; sermon De tempore barbarico, n° 10.

3 . Cet usage est défendu contre les catholiques par l’auteur arien (fin du vi® s.) de YOpus imper fectum in Matthaeum, dans lequel le Moyen Age a vu une œuvre de S. Chrysostome. Comme ces homélies contiennent pas mal d’hétérodoxies, elles ont été expurgées au Moyen Age. Les passages fâcheux ont été supprimés dans certains manuscrits. Ainsi en est-il de trois passages où l’auteur défend la pratique arienne de la rebaptisation : P. G., t. LXVI, Opus imperfectum, Homitia III , col. 653 ; Hom. IV, col. 673 .

4 . Au deuxième siècle, les quartodécimans étaient divisés en deux groupes. Les uns admettaient que Notre-Seigneur est mort un vendredi 14 nisan, c’estâ-dire le jour même de la Pâque juive. A cette date, ils fêtaient la mort de Jésus-Christ. Les autres plaçaient la mort de Notre-Seigneur un vendredi i 5 ni-

Ces séparatistes continuaient un usage très ancien, mais qui avait été abandonné par la grande Église. Au 11 e siècle, on constate, au sujet de la célébration de Pâques, un double usage, le rite quartodéciman, localisé dans la province d’Asie et qui vient d’être défini; et le rite dominical, d’après lequel la fête principale de la semaine pascale est la commémoraison de la Résurrection, celle-ci étant toujours célébrée le dimanche qui suit le i4 nisan. Il en résultait que la fête de la Passion, qui tombait toujours un i4 nisan pour les quartodécimans, pouvait tomber un autre jour dans le rite dominical, puisqu’elle était fixée trois jours avant le dimanche de Pâques.

Le pape Victor (189-198) a condamné formellement le rite quartodéciman. Au m° siècle, celui-ci disparaît graduellement. Les tenants qu’il conserve sont, à l’époque du concile de Nicée, considérés comme schismatiques. Le concile de Laodicée, tenu en Phrygie entre 343 et 38 1, accepte leur baptême, mais non leur confirmation sans rien dire de leur ordination.

Enfin à Constantinople, à la fin du v° siècle, les apollinaristes étaient traités comme les hérétiques déjà nommés; on acceptait leur seul baptême : on réitérait leur confirmation et leur ordination.

C’est dire que les ordinations de tous les hérétiques étaient regardées comme nulles.

san, lendemain de la PAquc. A la date du 14, ils fêtaient l'institution de l’Eucharistie, comme constituant le sacrifice anticipé du Christ ; il semble bien que qaelques-uns de cette seconde catégorie célébraient simultanément la PAque juive. Ils ont ainsi contribué beaucoup À faire condamner le rite quartodéciman. L’Église romaine et tous les tenants du rite dominical admettaient que Notre-Seigneur est mort un vendredi 14 nison.

On sait que les synoptiques et S. Jean sont ou paraissent être en désaccord sur la date de la mort de Jésus-Christ, les premiers la plaçant un vendredi i 5 et le second, un vendredi 14 nisan., Le choix de l’une ou l’autre de ces dates est libre. La tradition ancienne de l’Église semble justifier la date du 14 et par suite S. Jean. La chronologie semble justifier la date du i 5 et les synoptiques, en donnant comme plus vraisemblable la date du vendredi h 5 nisan de l’an 3o, pour la mort de Jésus-Christ.

Les Sabbatiani (ainsi nommés de leur fondateur Subbatius), dont il est question dans la lettre à Martyrius d’Antioche, constituaient une secte de novatiens fondée à la fin du quatrième siècle. Ils s’écartaient de l’usage des novatiens pour la fixation de PAques. Tandis que les novatiens calculaient la date pascale, suivant l’usage romain du milieu du troisième siècle, sans tenir compte du comput juif, Sabbatius, qui était un converti du judaïsme, célébrait la fête de Pâques, dans la semaine pascale des Juifs. Cf. Socrates, Uist. eccl., IV, *8; V, 21, P. G ., t. LXVII, col. 537, 62a. C’est un fait bien établi qu’aux quatrième et cinquième siècles, des catholiques tenaient A faire coïncider leur léte de PAques avec celle des Juifs. L. Duchesne, La question de la Pâaue au concile de JVicée, dans la Revue des Questions historiques (1880), t. XXV 111 , p. a6.

Page 1