‹ Les réordinationsChapitre 35 sur 264 · W. B rocks, op. cit., p · texte numérisé non relu

W. B rocks, op. cit., p

a. Ibid., p. 1 85-

3. Ad Quiricum episcopum, dans Epist. XI, 67 ( P . L ., t. LXXVII, col. iao4).

4. W. Bkooks, op. cit., p. 296 . Cette déclaration doit être rapprochée de celle de S. Augustin donnée plus loin, p. ait». D’après S. Augustin, le tort de S. Cyprien a été de ne pas distinguer entre le sacramentum et la virtus sac rame ali. La différence des théologies romaine et orientale est rendue sensible par ces deux déclarations.

5. Ce Théodose avait été, en 535, nommé patriarche d'Alexandrie par les monophysites. Vers 538, il fut déposé par Justinien et mis en surveillance près de Constantinople. 11 mourut en 566. Mais, pendant son long exil, il resta le chef des monophysites d’Égypte.

LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE

avec une énergie nouvelle par son successeur, Justin II. Celui-ci a eu pour conseil le patriarche Jean III dit le Scholastique, et le premier canoniste grec dont les œuvres se soient conservées 1 . Son épiscopat à Constantinople se place du début de 565 au 3 i août D 77 .

L'attitude de ce patriarche à l'égard des monophysites nous est connue pour le mieux, grâce à un témoin contemporain et bien placé pour voir, l’historien monophysite, Jean d’Asie ou d’Éphèse 2 . Il était né à Amid, ville située au nord de la Mésopotamie, et avait subi l’influence du monachisme oriental, qui professait le monophysisme avec une obstination exaltée. Arrivé à Constantinople vers 535, il fut, ainsi que Théodore et Jacques, ordonné par Théodose, l’ex-patriarche monophysite d’Alexandrie, et, comme il connaissait bien le grec, il fut nommé évêque d’Éphèse et préposé aux monophysites de l’Asie occidentale. Pendant le règne de Justinien, grâce à la faveur de l’impératrice Théodora, il n’eut pas trop à souffrir de la persécution dirigée contre les monophysites. En 566, à la mort de l’ex-patriarche Théodose, son importance s’accrut encore ; il eut la direction du parti; c’était le patriarche de la secte. On lui laissa encore quelques années de tranquillité.

Mais, en 571 , le patriarche Jean le Scholastique décida Justin II à lui laisser tout pouvoir pour ramener les dissidents. Ceux-ci allaient vivre des temps très durs. Jean le Scholastique oublia complètement les principes de mansuétude évangélique qu’il avait proclamés dans la préface de sa Suvay G>yr) xavoviov. Chez lui , le juriste qu’il avait été avant d’entrer dans les ordres, reprit le dessus : il en vint à pratiquer les mesures qu’il avait flétries : non exislimabant [Apostoli] oportere, sicut civiles leges sanciunt , delinquentes verberibus foedare 3 . « Il mena sa campagne avec une rare brutalité. Jean d’Èphèse eut le chagrin d’assister aux mesures de rigueur auxquelles donnait lieu la ré-

i. Sur Jean le Scholastique, lire J. Pargoire, L'Église byzantine de 521 à 547, P* 78-79, Paris, 1905.

a. Sur cet historien syriaque, dont l’œuvre est partiellement conservée, lire Rubens Duval, La littérature syriaque, p. 192-195, Paris, 1899; et L. Duchesne, Jean d'Asie historien ecclésiastique, lecture faite à la séance publique annuelle des cinq Académies du a5 octobre 189a. Dans le Journal officiel du jeudi 27 octobre 189a, n. 29a, p. 5aoo-5ao3.

3. Le recueil canonique de Jean le Scholastique se trouve dans Christ. Justel, Bibliotheca juris canonici veteris, t. II, p. 499-602, Paris, 1661. La phrase citée est empruntée à la préface du livre.

sistance de ses disciples. Lui-même fut bientôt incarcéré avec quelques autres évêques monophysites. A force de ruses, on parvint à leur arracher une adhésion momentanée à la confession orthodoxe. Mais comme ils se rétractèrent aussitôt, on les fit rentrer dans la geôle du patriarcat. La vieillesse était venue avec son cortège d’infirmités. Seul dans une cellule infecte, couché sur un mauvais grabat, le pauvre évêque ne pouvait pas même s’aider de ses membres perclus pour se disputer à la vermine. On finit par le relâcher, tout en le surveillant de très près. Les dernières années furent des années de persécutions... Il mourut sous l’empereur Maurice, âgé de plus de quatre-vingts ans 1 . »

Pendant une vie si agitée, Jean d’Asie avait trouvé le temps d’écrire une histoire ecclésiastique en trois parties. La première est complètement perdue ; la seconde est partiellement conservée dans le plagiat d’un écrivain postérieur. Quant à la troisième, elle nous est parvenue à peu près entière 2 . Elle contient l’histoire du parti de 571 à 584-5, c’est-à-dire pendant les années les plus dures de la persécution. Cette œuvre a les défauts et la valeur de tous les mémoires. L’histoire générale y est sacrifiée, mais les détails précis et caractéristiques y abondent, par exemple au sujet des ordinations.

Le patriarche Jean voulait amener les monophysites à renoncer à l’hérésie et à se rallier aux catholiques ou dyophysites.

A cette fin, les hérétiques, c’est-à-dire clergé, moines et nonnes, furent traqués dans les provinces, et beaucoup d’entre eux, enfermés à Constantinople. Les nonnes surtout étaient nombreuses ; tel couvent en contenait près de trois cents. A elles et aux moines on voulut imposer la communion catholique; de là des scènes indescriptibles. Elles se renouvelèrent dans les provinces, car le patriarche avait donné des ordres en conséquence 3 . Quant au clergé qui revenait de l’hérésie, Jean se montra d’abord débonnaire. Il permit aux clercs convertis de remplir chacun les fonctions de leur ordre, et de fait, ces clercs participèrent maintes fois activement à la liturgie. Puis tout changea. Le patriarche déclara que les clercs convertis devaient

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