Ibid., p
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
D’ailleurs, la déposition de Jean d’Asie peut être confirmée par un témoignage de premier ordre, celui-là même du patriarche Jean le Scholastique. Avant son élévation sur le siège de Constantinople, Jean avait étudié le droit et composé une SuvaY(*>*rt xavovwv qui s’est conservée. Or dans celle-ci, le titre XX e est ainsi intitulé : <c De ordinationis modo, deque iis qui ordinari non debent, et de iis qui raptim ordinantur », et parmi les canons cités se trouve le 54 e des Canons apostoliques , celui qui exprime l’ancienne discipline de l’Église grecque et la nullité des ordinations faites par les hérétiques. Jean, devenu patriarche de Constantinople, n’a fait qu’appliquer la doctrine qu’il avait enseignée en sa qualité de scholastique 1 .
Un mot encore sur les termes théologiques employés par Jean d’Asie, ou prêtés par lui au patriarche de Constantinople, au sujet des réordinations. D’après Jean d’Asie, le patriarche commençait par déposer les évêques ou les clercs monophysites ; puis, il les réordonnait 2 . Ce langage est tout à fait conforme à celui que nous rencontrerons ailleurs.
Les récits de Jean d’Asie analysés plus haut ont de l’intérêt. Ils nous montrent qu’à une époque de crise, lors de la tentative la plus énergique qui fut faite pour détruire l’organisation des églises jacobites et paulites, un canoniste devenu patriarche de Constantinople ne vit pas de moyen plus efficace que celui-ci : contester le pouvoir d’ordre aux monophysites, les traiter comme les ariens, les macédoniens, les novatiens, les apollinaristes, et les faire réordonner. Mais cette pratique ne put s’imposer. C’est, en Orient, un désaveu de la doctrine des Canons et des Constitutions apostoliques ; ce ne devait pas être le dernier.