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DÉVELOPPEMENT DE LA. THEOLOGIE ROMAINE PAR SAINT AUGUSTIN

Dans l’Église latine, au iv* et au v* siècles, s’affirme de plus en plus la doctrine de la validité des sacrements administrés en dehors de l’Église suivant la forme prescrite. La théorie contraire des donatistes a pour résultat d’amener les catholiques, Optât de Milève et saint Augustin, à préciser leur doctrine, et h reconnaître une valeur définitive aux formules données par le pape Étienne, dans la controverse contre saint Cyprien. Ainsi s’expliquent le peu d’extension du schisme luciférien, et les déclarations théologiques formelles du pape Anastase II, à l’occasion du schisme d’Àcace.

C’est la controverse donatiste qui a donné à saint Augustin l’occasion de formuler une doctrine à peu près définitive sur les conditions de validité du baptême et de l’ordre.

Chaque persécution avait pour résultat de mettre en présence et bientôt en conflit, dans les diverses Églises, le parti des confesseurs de la foi et les représentants de l’autorité ecclésiastique. Les confesseurs n’avaient pas toujours pour l’évêque la déférence requise ; quand ils n’empiétaient pas sur le pouvoir épiscopal, ils réclamaient des égards ou des privilèges peu conciliables avec le bon ordre. A Carthage, pendant la persécution de Dioclétien, les confesseurs paraissent avoir été assez exigeants. L’évêque Mensurius et son diacre Cécilien opposèrent à tous les mécontents une attitude prudente et ferme. De là des rancunes. Elles se donnèrent libre carrière, dans les derniers

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temps et, surtout, à la mort de Mensurius, dans une vaste conspiration.

Cécilien ayant été élu et consacré évêque de Carthage, un parti puissant d’évêques refusa de le reconnaître. On lui reprocha d’avoir été consacré par Félix, évêque d’Abtughi, qui, disait-on, avait faibli pendant la persécution et avait été traditor 1 . Puis l’opposition nomma un second évêque de Carthage, Majorin. Ce schisme de Carthage est l’origine du donatisme. Il posait deux questions, l’une de fait, l’autre de doctrine. Premièrement : Félix consécrateur de Cécilien a-t-il été traditor? Les donatistes répondaient oui. Deuxièmement : un évêque traditor peut-il administrer validement les sacrements ? Les donatistes répondaient non. Sur ces deux points, les réponses des catholiques étaient tout opposées. L’Église catholique a reconnu Cécilien.

De ces questions, la seconde seule, qui est relative à la doctrine, nous intéresse ici. Dans le milieu africain, où les idées rigoristes de Tertullien et de saint Cyprien avaient encore tant de crédit, elle allait occasionner une controverse interminable.

On représente le plus souvent les donatistes comme rejetant, d’une manière absolue, et réitérant les sacrements administrés par les catholiques. C'est là une théorie qui est démentie par les faits ; elle a pour résultat de rendre incompréhensible le traité d’Optat contre les donatistes. Il faut examiner à part la validité du baptême et celle de l’ordre.

A toutes les époques, les donatistes ont regardé comme permise la réitération du baptême administré par les catholiques ; mais tandis qu’au début, ils considéraient cette réitération comme indispensable, ils en sont venus à la considérer comme facultative. D’après un renseignement emprunté à Tichonius par saint Augustin, vers 320-33o, un concile de 270 évêques donatistes avait permis d’agréger à la secte, sans aucune formalité, les catholiques qui se refuseraient à être rebaptisés 2 . A quel motif attribuer cette décision? C’est sans doute à l’action rigoureuse de Constantin contre les donatistes. L’abandon de la rebaptisation diminuait le mécontentement de l’empereur. Le rétablissement de l’unité religieuse cessait de paraître irréa-

1 . On appelait traditor celui qui avait livré les Livres Saints ou les objets du culte à la police, pendant la persécution.

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