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II. — Signification théologique du schisme luciférien

Les onze ans pendant lesquels Constance fut le seul maître de l’Empire (35 1 -36 1 ) marquent les années les plus dures et les plus dangereuses de la crise arienne. C’est l’époque où l’empereur veut obtenir, à tout prix, la condamnation de saint Athanase et l’acceptation des . formules de foi rédigées par son épiscopat de cour. Ces années ont vu le concile de Milan (355), le bannissement d’Eusèbe de Verceil, de Lucifer de Calaris, du pape Libère, et la capitulation des conciles de Séleucie et de Rimini (359). Saint Jérôme a pu dire, avec quelque exagération d’ailleurs, qu’au début de 36o, « ingemuit totus orbis et arrianum se esse miratus est 2 ». La mort de Constance, survenue le 3 novembre 36 1 , changea la situation. Julien prit le pouvoir et-permit à tous les exilés pour affaires religieuses, de revenir dans leur pays.

On constata alors les résultats produits par la longue ingérence de l’autorité impériale dans la théologie. Ce n’était plus l’unité, mais la division qui paraissait la caractéristique de l’Église chrétienne. Certains sièges avaient deux ou même trois titulaires : chacun, dans une des nuances variées de la théologie orientale.

Le conflit des personnes était localisé ; celui des doctrines était général. Les évêques étaient descendus plus ou moins bas sur l’échelle des concessions dogmatiques, aussi s’en trouvait-il à tous les niveaux. Julien connaissait bien cet état de choses, et

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