III. — Théologie définitive de saint Augustin
Au temps où se constituait le schisme luciférien, vers 368, Optât de Milève écrivait son traité De schismate Donatistarum adversus Parmenianum. Optât veut amener les donatistes à revenir à l’Église ou du moins à reconnaître la valeur des sacrements catholiques : « Pares credimus et uno sigillo signati sumus ; nec aliter baptizati quam vos; nec aliter ordinati quam vos 1 . » Il enseigne nettement que la validité des sacrements dépend de l’emploi de la forme prescrite. Cependant il insiste si bien sur la nécessité de la foi qu’on a pu croire que, pour lui, sont seuls valides les sacrements des schismatiques et non ceux des hérétiques 2 . Cette dernière interprétation paraît la moins probable. En revanche, un fait est parfaitement assuré : Optât n’est pas arrivé à donner à ses idées la dernière précision. C’est saint Augustin qui a formulé la théologie définitive sur ces questions.
Saint Augustin avait amené les donatistes à dire, comme dernier argument : « Baptismum quidem non amittit qui recedit ab Ecclesia, sed ius tamen dandi amittit. » Le théologien des sacrements répond, en l’an 4<>o :
Multis modis apparet frustra et inaniter dici. Primo, quia nulla ostenditur causa cur i lie qui ipsum baptismum amittere non potest, ius dandi potest amittere. Utrumque enim sacra mentum est; et quadam consecratione utrumque bomini datur : illud, cum baptizatur; istud, cum ordinatur : kleoque in Catholica utrumque non licet iterari. Nam si quando ex ipsa parte renientes etiain praepositi, pro bono pacis, correcto schismatis errore suscepti sunt, et si visum est opus esse ut eadem officia gererent quae gerebant, non sunt rursus ordinati ; sed sicut bajptismus in eis, ita ordinatio mansit integra : quia in praecisione fuerat vitium, quod unitatis pace correctum est, non in sacramentis quae ubicumque sunt ipsa sunt 3 .
Texte aussi explicite que possible et qui, bien compris, aurait dirimé toute controverse sur les réordinations. Malheureuse-
i. De schismate Donatistarum, III, 9, P. L., t. XI, col. 1020. Ces derniers mots ne se trouvent pas dans tous les manuscrits.
a. Cest l’opinion de J. Ernst, Die Ketzcrtaufangelegenheit etc., p. 143 et •oiv.