L empereur byzantin
3 . Le texte le plus complet de cette lettre est donné par la Collectio britannica, Epist. Pclagii, Ep. 11 . Un long fragment est déjà publié dans P. L., t. LXIX, col. 41 1. J’emprunte le début de la citation aux Libelli de litc etc., t. III, p. 598.
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
l’Église. Cette interprétation est-elle exacte? Il semble bien que non. Comme plusieurs autres relatifs aux mêmes affaires, ce texte ne doit pas être pris à la lettre. La question des ordinations conférées en dehors de l’Église a toujours été très irritante. On a voulu couper court à la formation des communautés séparées. A cette fin, aucune expression n’a paru trop dure, ni exagérée. C’est le cas de tenir compte du contexte, et de l’état de la théologie dans les milieux où ces affirmations se produisent. Malheureusement le moyen âge n’a connu ces documents que dans de courts extraits donnant les paroles les plus violentes. Il ne connaissait pas suffisamment l’histoire, et n’avait pas assez le sens des nuances, pour faire leur part a des exagérations voulues.
Un second texte de Pelage l’a induit en erreur. Paulin, évêque de Fossombreuse en Tuscie, n’acceptait pas la condamnation des Trois-Chapitres et refusait la communion de Pélage. Aussi le pape le fit-il appréhender et interner dans un monastère. Mais le prisonnier s’échappa et s’enfuit à Ravenne. De la une lettre de Pélage aux magistrats Viateur et Pancrace, pour les prier défaire reconduire l’évadé dans sa prison. Le pape profite de l’occasion pour exciter le zèle de ses correspondants contre les schismatiques, partisans des Trois-Chapitres. Ces magistrats se contentent, dit-il, d’un éloignement tout théorique pour le schisme, et se demandent s’il ne leur serait pas permis d’assister aux offices des séparatistes. Manifestement les fonctionnaires byzantins regardaient ces divisions comme un résultat de l’ignorance ou de la simplicité d’esprit de quelques égarés. Il en est tout autrement, dit le pape :
Non ergo unitati communicant [schismatici], partes sibi fecerunt et ab eo quod unum est, ut apostoli ludae verbis iam loquar, semetipsos segregantes Spiritumnon habent. Quibus omnibus illud efficitur, ut quia in unitate unum non sunt, ut quia in parte esse voluerunt, ut quia Spiritum non habent, corpus Christi sacriücium habere non possint... Noli ergo quasi nulla schismaticorum atque Ecclesiae difl'erentia sit, velle indifferenler utrorumque sacrificiis sociari. Non est enim Christi corpus quod schismaiicus conficit , si ve ri ta te duce dirigimur. Nec enim divisum esse Christum poterit quisquam. sine apostoli reprobatione, confingere. Unam, ut saepe dictum est, quae est Christi corpus, constat esse Ecclesiam, in duo velin plura dividi non potest. Simul enim cumah ea quisque discesserit, esse desistit Ecclesia. Unum Jérusalem templum est : idolis necesse est ut immolet qui seipsum divisent L