‹ Les réordinationsChapitre 58 sur 264 · Vita Wilfridi, ch. 14, p. 22; Bedae Hist. eccl ., IV · texte numérisé non relu

Vita Wilfridi, ch. 14, p. 22; Bedae Hist. eccl ., IV

3. J. Raine, The historians of the church ofYork, I, xxxi-vi. A mentionner dans The engli$h historical review (London, 1891) l'article de M. B. W. Wells, Eddi'* Life o f Wilfrid, p. 545-55o. L’auteur a voulu montrer qu’Eddi disposait d’amples sources d’information, mais n’était pas un historien consciencieux. La méthode de l’auteur consiste à comparer Eddi avec les autres historiens et à le trouver en défaut. J’avoue n’avoir pas été convaincu. C’est ainsi que M. Wells discute le discours prêté ù Wilfrid ( Vita Wilfridi , cap. XII, p. 18) et transcrit plus haut p. 89, n. 1 .

pas. On n’a pas indiqué, jusqu’ici, le lien étroit qui, par l’intermédiaire de l’ex-moine grec Théodore, devenu archevêque de Cantorbéry, rattache la réordination de Ceadda aux principes les plus assurés de la théologie grecque.

On aura remarqué plus haut, dans les textes d’Eddi relatifs à l'ordination de Wilfrid et à la réordination de Ceadda, le qualificatif de « quartodécimans » appliqué aux Bretons et aux Scots qui communiquaient avec eux. Dans l’histoire ecclésiastique, ce terme a un sens très déterminé. Il désigne les chrétiens séparatistes qui continuaient à célébrer la fête de Pâques, le jour même de la Pâque juive (i4 nisan). Cette secte comprenait d’ailleurs plusieurs variétés, ainsi qu’on l’a vu 1 . Il est clair que ni les Bretons ni les Scots ne pouvaient être rattachés à cette hérésie. Mais, comme leur comput pascal différait de celui des autres églises d’Occident, on leur donna le nom des hérétiques qui semblaient incarner toutes les hétérodoxies liturgiques sur ce point 2 . Ce n’est pas un hasard si le mot de quartodécimans revient sous la plume d’Eddi. C’est évidemment un nom familier à son milieu, et aussi à l’archevêque Théodore.

Dès lors, il est impossible de ne pas rapprocher la réordination intégrale « per omnes gradus » de Ceadda, et les décisions de la théologie grecque sur les quartodécimans. On acceptait leur baptême, mais non leur confirmation ni leurs ordres. Quand des clercs quartodécimans revenaient à l’Église, on leur réitérait la confirmation « et postea, ut probati laïci , ordinantur illi qui inter eos prius sive presbyteri , sive diaconi , sive subdiaconi , sive cantores , sive lectores fuerant 3 ». C’est la réordination <c per omnes gradus ».

A noter pourtant qu’Eddi, qui donne si exactement la sentence et les faits, exécution de la sentence, ne relate qu’imparfaitement les considérants. D’après lui, la faute de Ceadda était d’avoir reçu des Quartodécimans le siège qui appartenait à un autre. Cette situation a-t-elle seule motivé la réordination « per omnes gradus »? On ne saurait le croire. Il est probable qu’on constata, après enquête, que Ceadda avait reçu plusieurs ordinations des Scots ou des Bretons ; tandis qu'Eddi a seule-

a. De plu», le quatorzième jour du mois lunaire avait un rôle dons le comput breton.

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