Zacuariae Ep'ut. 7, dans P. L., t. LXXXIX, col
Mais comme Constantin était appuyé d’un parti puissant, il resta évêque de Rome pendant treize mois; et, durant ce temps, consacra 8 évêques, et ordonna 8 prêtres et 4 diacres, aux Quatre-Temps d’été de 768 L Pendant ce temps, une conspiration s’organisait à la cour de Didier, roi des Lombards. Elle avait pour chef le primicier Christophe, personnage des plus importants de l’Église romaine. Le résultat en fut que le samedi 3 o juillet, une troupe lombarde entrait à Rome et arrêtait Constantin, qui s’était blotti dans l’oratoire du vestiaire, au Latran. Puis, le i CT août eut lieu, au Forum, sous la direction du primicier Christophe, l’élection du pape Étienne III. Aussitôt, les vengeances commencèrent. Le vidame et un frère de Constantin eurent les yeux crevés 1 2 . Quant à Constantin, après avoir subi une cavalcade ridicule 3 , il fut solennellement déposé le samedi 6 août; on lui enleva le pallium, et on lacéra la chaussure d’honneur qu’il portait. Cette révolution du Latran permit à des chefs de bande de terroriser la ville : il y eut des exécutions, des mutilations et entre autres celle de Constantin, l’ex-évêque de Rome, à qui on creva les yeux.
Pour régulariser une situation aussi anormale, le pape Étienne III, consacré le 7 août, fit appel aux Francs. Il demanda à Pépin l’envoi de quelques évêques « gnaros et in omnibus divinis scripturis atque sanctorum canonum institutionibus eruditos ac peritissimos 4 ». Pépin étant mort dans l’intervalle, ses deux fils Charles et Carloman envoyèrent sept métropolitains et six évêques. A ces dignitaires se joignirent une quarantaine d’évêques italiens, et le 12 avril 769, le concile romain ouvrit ses séances. La grande affaire était celle-ci : que penser des ordinations faites par Constantin? Le pape Étienne III posa la question :
1. Les sources principales pour la connaissance de l’épiscopat et du jugement de Constantin sont : i« des fragments des Actes du concile romain des ia-14 avril 769 . Ils sont réunis, dans la collection , des Monumenta Germaniac, Concilia , t. II, p. 74 et suiv. ; a° la notice du pape Étienne III dans le Liber Pon~ tificalis, t. I, p. 468 et suiv. Elle est écrite par un contemporain, qui a utilisé avec beaucoup de soin et de très près les Actes du concile romain. Aussi des lacunes dons le texte des Actes, pour la troisième session du concile, peuventelles être comblées à l’aide du Liber Pontificalis.
a. Le vidame était l’évêque Théodore. Après son supplice, il fut enfermé dans la maison du pape Grégoire I « ubi et famé et siti cremans cluinnnsque aquam, ita exalavit spiritum ». Liber Pontificalis, t. I, p. 471.
3 . « Magno pondéré in eius adhibentes pedibus, in sella muliebrile sedere super equum fecerunt. » Ibid.