V. — Une enquête patristique au septième concile œcuménique
De 725 à 780, sous les empereurs Léon III, Constantin V et Léon IV, l’iconoclasme avait été, sauf de courtes interruptions, la doctrine officielle de l’Église byzantine. En le synode
d’Hiéria condamna le culte des images comme idolâtrique, et cette sentence fut signée par 338 évêques. Au cours d’un demisiècle, l’épiscopat byzantin avait été soigneusement épuré. Mais cette soumission politique du clergé n’engageait pas définitivement la doctrine. Il n’y avait guère que les empereurs, une partie de l’administration et de l’armée à poursuivre fermement la disparition des images. Un changement de maître allait tout modifier, du moins pour quelques années. En 780, à 1 a mort de Léon IV, l’impératrice Irène, dévouée aux images, prit le pouvoir. Son action aboutit à la tenue du septième concile œcuménique à Nicée, en présence de deux légats du pape Hadrien (24 septembre — i 3 octobre 787).
La première session fut consacrée à examiner le cas de quelques évêques fervents iconoclastes. Devait-on les maintenir dans leur charge ? Us avaient contre eux un parti puissant, les moines, qui avaient eu tant à souffrir de la politique iconoclaste. Le patriarche Tarase et les légats romains étaient pour la conciliation. Afin de dirimer la controverse, on procéda à une enquête patristique : fallait-il admettre à l’exercice de leurs ordres les clercs revenant de l’hérésie ? Sur cette question, dix-sept textes furent allégués, qui étaient favorables aux hérétiques 1 .
1. Ce dossier patristique a été inséré dans les Actes du concile (Hardouix, Acta conciliorum , t. IV, col. 49 - 65 ).