P. Hixscmus, Ibid., p. 715 ; P. L ., t. CXXX, col
2. Cette fausse lettre de Léon I est caractéristique de la manière de pseudo- Isidore. Elle est fabriquée, pour la plus grande partie, à l'aide du canon 7* du second concile de Séville. L’évêque Agabms de Cordoue était passé sans transition de l’état laïc à la charge épiscopale. Aussi ignorait-il quelque peu les canons. Il déléguait des prêtres pour la consécration des autels et des églises. Le concile réprouve cette pratique et énumère les diverses fonctions épiscopales qui sont interdites aux prêtres. C’est de ce texte que s’est emparé le faussaire, mais en l’interpolant : partout où il est question des prêtres, lui ajoute « et chorepiscopi » et cela ù trois reprises. Ce canon 7® du concile de Séville se trouve deux fois dans les Fausses décrétales, mais chaque fois interpolé. C’est d’abord dnns la fausse lettre de Léon I (Hinschius, op. cit., p. 628), c’est ensuite dans le texte du second concile de Séville (Ibid., p. 438 ). Ce dernier texte était-il aussi interpolé dans Hi&pana Augustoduncnsis ? On ne saurait dire, car à cet endroit il manque un cahier dans le Vaticanus 1 34 1 . Mais toutes les vraisemblances •ont pour l’affirmative.
3 . Raban fait ici allusion au Liber Pontificalis . S’il fallait en croire deux fausses lettres, l’une de saint Jérôme, l’autre de Damase, qui se trouvent entête du Liber Pontificalis (éd. L. Duchesne, t. I, p. 49), cette chronique aurait pour autour Damase.
On ne trouve pas de traces du traité de Raban Maur sur les chorévêques dans I Hi» pana Augustodunensis, qui a été, comme il a été dit plus haut, un premier essai des Fausses décrétales. Ne serait-ce pas ce passage de Raban Maur ainsi déformé dans la décrétale de pseudo-Jean III, qui aurait donné à pseudo-Isidore l’idée de faire précéder les Fausses décrétales d’une prétendue lettre de saint Jérôme ù Damase? Les raisons de le croire sont : i° le grand rôle joué
praecepto beati Pétri ordinatiooes presbyterorum fecerunl. cum tamen post passionem Pétri, non illi, sed Clemens, in honorem cathedrae successerit, ipso etiam tradente principe apostolorum, sicut epistola eiusdem Clementis scripta ex mandato Pétri ad Jacobum Iratrem Domini testa tur 4 .
tum eisa beato Petro praecipiebatur,
tenere promeruit. Linus vero et Cletus ministrabant exteriora, princeps autem apostolorum Petrus verbo et orationi ins^stebat. et quae non incongrue ad traaitionem Spiritus Sanctiper inanus impositionem pertinent... Linumnaraque et Cletumnihil legitur umquam egisse ex pontificali ministerio potestative 2 , sed quanitum solummodo agebant 3 .
Pourquoi insister sur cette dépendance de textes? Parce que la doctrine de pseudo-Isidore sur ce point a eu une grande influence au ix® siècle. Il y a intérêt à montrer à quelles déformations la théologie pouvait être exposée, du fait de falsificateurs sans scrupule.