Histoire des sacrements, col
tius, si l’on voulait nier la validité de ses ordinations. La solution du concile romain de 769, contenue dans le Liber Pon tificalis , était connue de tous. Si on ne l’a pas invoquée, c’est qu’elle n’était pas reconnue applicable en l’espèce; bien plus, c’est qu’on en niait la légitimité, car le cas de Photius était plus mauvais que celui de Constantin. Si elle est réelle, cette attitude des grands papes de la seconde moitié du ix e siècle, depuis Nicolas I jusqu’à Formose, ne saurait surprendre. Au point de vue de la culture théologique, on était loin, à cette époque, de la barbarie des consulteurs francs de 769; on vivait alors les derniers beaux jours de la renaissance carolingienne. Rien d’étonnant que l’on n’ait pas pris vis-à-vis du monde grec, dont on redoutait justement la science théologique, l’attitude insoutenable des juges de Constantin. Encore une fois, le silence fait sur la condamnation de Constantin n’est qu’un indice; mais il nous met sur la voie de constatations plus précises, qui confirment pleinement cette première impression.