Ibid., col. 1078-79; 1081 D
coup de l’exagération oratoire. Les interprétera-t-on comme des documents juridiques? Ce serait un contresens qu’une étude des autres décisions de Nicolas I suffit à écarter.
Ce serait, de plus, rendre inintelligible la suite des controverses, dans laquelle le pape Hadrien II (867-72) n’a fait que suivre la ligne de conduite de son prédécesseur. Avant le huitième concile œcuménique (869), dans lequel fut prononcée la déposition de Photius, Ignace demandait, k Rome, quelle conduite tenir k l’égard des clercs ordonnés par Photius ; il sollicitait ensuite la grâce de Paul, archevêque de Césarée de Cappadoce, qui était de ce nombre 1 * 3 4 . C’est donc qu’on considérait les ordinations de Photius comme illicites, mais non comme invalides. Le 10 juin 869, Hadrien II écartait cette demande, non sans forcer beaucoup, lui aussi, l’expression 2 . S’il faut toujours faire la part des vivacités de langage, c’est bien spécialement le cas k propos des discussions assez vives qui eurent lieu dans la session sixième du huitième concile œcuménique. On avait fait comparaître quelques-uns des évêques ordonnés par Photius, et, comme ils se défendaient âprement, on les traita de laïcs 3 .
Le canon quatrième du même concile se ressent de cette agitation des esprits; il a une forme emphatique qui pourrait induire en erreur :
... Photium... iusto decreto damnamus : promu Igan tes nunquam fuisse prius aut nunc esse episcopum, nec eos qui in aliquo sacerdotal i gradu ab eo consecrati velpromoti sunt manerein eo adquod provecti sunt : ... sed et ecclesias quas, ut putatur, tam Photius quam ii qui ab ipso consecrati sunt dedicaverunt, vel si commotas inensas stabilierunt, rursus dedicari et inthronisari atque stabiliri decernimus; omnibus maxime quae in ipso et ab ipso ad sacerdotalis gradus acceptionem vel damnationem acta sunt in irritum ductis 4 .
Ce canon s’inspire de la lettre du pape Hadrien II, du 10 juin 869, laquelle contient le rapprochement entre Maxime, l’évêque intrus de Constantinople, et Photius 5 . Or ce rapprochement n’éclaircit pas la question, car le quatrième canon du concile de Constantinople de 38 1 relatif à Maxime, peut recevoir et a
1. Epistola Ignatii ad Nicolaum paparn, dans Hàrdouin, Acta Conciliorurn, t. Y, col. 79a. Cette lettre arriva à Home après la mort du pape,
a. Ibid., col. 793.