‹ Les réordinationsChapitre 94 sur 264 · Ibid., Epist. 200, col. 822 (mar · texte numérisé non relu

Ibid., Epist. 200, col. 822 (mar

Il adoptait vis-à-vis du pape l’attitude qu’avaient les grands feudataires carolingiens vis-à-vis de leurs souverains. Sans se soucier de l’intérêt général, il négociait pour son compte, et il semble bien que, ne partageant pas les préférences de Jean VIII pour un empereur de race française, il avait partie liée avec les princes allemands.

Ce qui est sûr, c’est que Jean VIII éprouvait, de cette opposition, une irritation extrême. Au concile romain de mai 879, il excommunia l’évêque 4 , et le menaça de peines ecclésiastiques encore plus graves 1 2 , s’il ne comparaissait, avec ses suffragants, au concile romain du mois d’octobre. Le pape renouvelait ces menaces un mois plus tard, le i 4 juin 3 4 . Ansbert avait aggravé son cas en refusant de recevoir deux légats du pape, et en continuant à exercer son ministère et à célébrer, sous le coup de l’excommunication. Encore cette fois, le vieil Ansbert ne bougea pas. Ni député ni excuses ne furent envoyés par lui au synode romain du mois d’octobre. C’en était trop. Le i 5 octobre 879, Jean VIII déposait Ansbert; il écrivait aussitôt au clergé de Milan 4 , pour lui prescrire de procéder à l’élection d’un nouvel archevêque; il envoyait, en même temps, deux légats pour le représenter au vote; enfin il se réservait le droit de consacrer le nouvel élu. La sentence prononcée contre Ansbert était ainsi motivée : « Ansbertum... episcopali honore privavimus, quia ante audientiam (sa comparution à Rome) communicare pertinaciter praesumpserit, et ante legitimum suae purgationis examen ministerium sacrum contra statuta maiorum temere agere non dubitavit, et quia nondum a vinculis excommunicationis absolutus in Vercellensi ecclesia episcopum enormiter ac pervicaciter ordinare , contra regiam voluntatem, praesumpsit. » C’est cette ordination d’un évêque de Verceil par Ansbert excommunié qui allait amener Jean VIII à prendre une décision sans précédent dans l’histoire des papes.

Une telle affaire intéressait, évidemment, le souverain temporel de l’Italie. Ce pays était passé de Charles le Chauve à Carloman, puis à Charles le Gros. Jean VIII écrivit donc à ce

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