CHAPITRE IV
TECHNIQUE OPERATOIRE
LE — Moment où il faut opérer.
Lorsque, en présence d’une brèche aponévrotique, musculaire ou tendineuse, on aura décidé de pratiquer une greffe aponévrotique libre, il faudra fixer la date de opération.
Y a-t-il un moment de choix pour l'intervention ?
Dans le cas de lésion congénitale, le chirurgien a toute latitude pour choisir son moment.
Maïs dans le cas de lésion traumatique ou post-opératoire, il faudra simplement attendre l'extinction des processus inflammatoires pour opérer dans les conditions les meilleures d’asepsie et partant le maximum de chances de bonne prise du greffon. On conçoit donc qu’en pareille occurrence il soit difficile de donner des chiffres qui peuvent varier d’un extrême à l’autre, suivant les cas envisagés ou les chirurgiens.
IT. -— L'opération.
On peut grouper les différents temps de l’opération en quatre parties a) Préparation de la plaie à combler ; b) Prélèvement du greffon ; c) Fixation du greffon ; d) Fermeture de la plaie.
a) Préparation de la plaie à combler. — Etant donné la diversité des indications dé la greffe aponévrotique libre,
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il n'entre pas dans notre sujet d'envisager ce temps pour chaque cas particulier, les conditions pouvant en être en effet essentiellement variables. Tout au plus peut-on dire qu'il faudra en quelque sorte préparer < le lit du greffon ». Pour cela, il suffira, en général, de tailler les bords de la plaie où de la perte de substance d’une façon nette, de manière à constituer un substratum anatomique régulier et continu, condition d’une bonne prise et d’une bonne vascularisation du greffon.
b) Prélèvement du greffon. Premier temps. — C’est l’incision de la peau «et du tissu cellulaire sous-cutané. Mauclaire la préconisé l’incision légèrement curviligne à convexité antérieure. Baïlleul préfère l’incision droite, car elle cause moins de dégâts et permet de manœuvrer aussi aisément, pourvu qu’elle soit assez longue.
Quoi qu’il en soit, on fera une incision verticale, droite ou curviligne, suivant l’axe de la cuisse, partant de la base du grand trochanter, dans l’espace compris entre la bandelette de Maissiat, en dehors, et le muscle couturier, en dedans.
L’incision sera plus ou moins longue suivant limiportance du greffon à prélever, 20 à 25 centimètres en général, de façon à dépasser largement la longueur que doit présenter le lambeau aponévrotique. La section ne portera évidemment que sur la peau et le tissu cellulaire souscutané : il faudra prendre garde à ne pas érailler l’aponévrose qui pourrait être compromise dans sa solidité.
Deuxième temps. — Après avoir placé deux écarteurs de Farabeuf qui réclineront fortement les lèvres antérieure et postérieure de la plaie, on libère ses deux bords des éléments graisseux qui cachent la surface brillante de l’aponévrose.
Troisième temps. — On taille franchement au bistouri, dans l’espace aponévrotique ainsi mis à nu, un lambeau correspondant à la brèche que l’on veut combler, L’inci-
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sion intéressera seulement l’aponévrose pour ne pas léser la masse musculaire sous-jacente. Il sera toujours prudent de tailler le lambeau aponévrotique légèrement plus grand, non pas tant à cause de la rétraction de l’aponévrose qui est pratiquement négligeable, que par crainte d’avoir un greffon trop count qui ferait tirer les sutures.
c) Fixation du greffon.— On porte immédiatement le Iambeau prélevé au niveau de la perte de substance à combler en évitant qu'il entre en contact avec un corps étranger quelconque. Puis on ajuste exactement les bords du greffon à ceux de la plaie, de façon à les coapter de la manière la plus satisfaisante possible. La face graisseuse du transplant aponévrotique est tournée vers de haut, et sa fiace musculaire vers la profondeur. À ce moment-là, on retaiïlle la lame aponévrotique de façon exacte au cas où elle serait de dimensions un peu grandes. Il ne reste plus qu’à suturer les lèvres du greffon et celles de la plaie très soigneusement par des points de catgut séparés.
d) Fermeture de la plaie. — Quant à la plaie d'emprunt de la face antéro-externe de la cuisse, sa fermeture n’offre rien de particulier. On suturera simplement au catgut les deux lèvres de la brèche pratiquée dans le fascia lata, une hernie musculaire n’étant pas à craindre. Les suites de l'opération sont très simples ; la cicatrisation se fait par première intention.
Les soins post-opératoires ne présentent rien de spécial. Nous venons de décrire le manuel opératoire de la greffe autoplastique, pratiquement la seule employée.
Nous n’envisagerons pas ici la greffe homoplastique pratiquée à l’aide de fascia prélevé sur un autre individu. Elle a cependant été tentée avec succès par Davis à l'aide de creffons conservés dans une glacière ou dans une solution saline à 32 degrés.
Quant à la greffe aponévrotique hétéroplastique, elle n'a jamais été pratiquée.
Robert. «