DEUXIÈME PARTIE
Nous allons donc examiner à présent l’évolution et les applications, au cours de l’histoire, de ces représailles dont nous avons tenté, dans notre première partie, de dégager Île concept et la théorie et dont nous avons essayé de définir le fondement juridique. Ces applications, cette évolution forment, nous le verrons, une progression à peu près continue dans un sens de réglementation, de limitation de plus en plus étroite. D'autre part, nous avons vu qu’à cet égard on peut distinguer deux périodes du Droit des Gens. La première est caractérisée par une plus grande liberté, par l’absence de sanction et d'organisation internationales. La seconde, marque le début des essais d’établissement d’une autorité internationale, d'une règle de Droit des Gens d’une substitution plus complète de l'initiative publique à l'initiative privée. Cette période commence à peu près avec le XX° siècle. Tout ce qui l’a précédée sera donc pour nous l’Ancien Droit, et c’est par le premier état des rapports internationaux que nous commencerons cette étude. Nous remonterons à l'antiquité grecque et romaine pour arriver au Moyen âge, où les représailles ont pris une place fort importante. C’est la période des Lettres
de Représailles, et des Lettres de Marques, où l'initiative privée a besoin de l’autorisation de Prince, c’est enfin le moment
où la « Course Maritime » se développe, pour subsister jusqu’au milieu du XIX° siècle. Lettres de Marque, Course Mari-
time, seront donc les deux points de vue dominants de cette partie de notre étude, et nous en retrouverons la trace dans d'innombrables traités ou conventions de cette longue période. Auparavant, il convient pourtant de rechercher quelle a pu être dans l’Ancien Droit, l’influence de la doctrine et des auteurs et ce sera là l’objet de notre premier chapitre.