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gération, et surtout nous nous refusons à voir, dans la législation par décrets, une cause d’amoindrissement de la dignité du député colonial. Ce qui fait la dignité du titre de député, c’est la fiction constitutionnelle qui attache à ce titre la qualité de représentant de la nation, c’est la mission dont sont investis ces représentants de la nation en vue de la défense des intérêts généraux du pays. Ge n'est pas le nombre ni la nature des intérêts particuliers qu'ils apportent avec eux dans l'enceinte du Palais- Bourbon. |
: Mais si un représentant colonial peut faire une telle déclaration, nous sommes bien en droit de prétendre que la présence au Parlement des dépu- - tés et sénateurs des colonies ne garantit pas à cellesci une défense complète et efficace de leurs intérêts.
Cest sans doute ce que s'était dit un député noir des Antilles qui, jusqu'aux derniers jours de son mandat, était resté au milieu de ses électeurs, ju- geant sa présence plus utile dans sa circonscription qu’à Paris. ,
Pour ce qui rentre dans les attributions du Parlement, les représentants des colonies n’ont pas, d'autre part, une influence correspondante au rôle qu'ils auraient à jouer. Rien ne les groupe, ne les .réuniten vue d'un travail commun. (est ce que
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constatait avec tristesse Le parlementaire que nous citions tout à l'heure : € S'il y a entre eux, disait-il, des divergences de vues et de sentiments, ces divergences ne sont pas atténuées par les effets d’une collaboration, où ils auraient pu, au moins, constater les points qui les unissent » (4).
Les principes sur lesquels sont édifiés nos Par- lements modernes prohibent toute distinction entre leurs membres. Or, si les représentants des colonies ne sont pas placés, extérieurement tout au moins, dans un cadre spécial, leur action sera forcément annihilée par l’écrasante majorité de leurs collègues métropolitains au milieu desquels ils se confondront. Lorsqu'il s'agira de discuter une mesure concernant des colons du département de Constantine, on pourra voir un représentant de la Haute-Marne apprécier les intérêts en cause avec un droit égal à celui des colons en question.
Nos députés et sénateurs coloniaux sont donc de. simples unités, dont le vote est perdu dans la masse et dont la voix n’est écoutée qu'autant que le mé-. rite personnel de l’orateur réussit à attirer l’attention.
Il faut reconnaître, dans cet ordre d'idées, que ces parlementaires apporteront toujours dans les
(1) Isaac, ouvrage cité.