Armée du Nord, & la date
Mêmes excitations à Tarmée des Ardennes. Il écrit à
Charbonié (31 mars, H germinal) :
• Il est temps, citoyen, que tout s'ébranle pour marcher contre
les satellites de la tyrannie, l'heure de la victoire sonne, et
retentit dans toutes les parties de la République.
Qu'il réduise les garnisons au strict nécessaire :
Fais camper tout le reste en masse, afin de tomber sur le premier point qui sera attaqué.
La position à prendre est en avant de Charlemont pour te porter à volonté soit sur Dinant, soit sur Marche-en-Famine, soit dans le pays d'Entre-Sambre-et-Meuse, suivant les vues ultérieures qui te seront communiquées. Fais amas d'artillerie et de tout ce qui est nécessaire pour l'attaque de Namur et médite dans le plus grand secret les moyens d'enlever cette place. Livre de fréquents combats, aguerris tes troupes...
Harcelle l'ennemi, vis à ses dépens, grossis tes forces dans l'opinion pour enfler le courage de nos soldats et intimider les ennemis;... frappe les esclaves de stupeur. La guerre doit être ofl'ensive sur la frontière *, etc.
Et la veille, le Comité écrivait à Michaud, général en chef de l'armée du Rhin :
Tu demandes un plan d'opérations; nous ne pouvons te donner que des bases de détail. Nous ne nous proposons pas de conquêtes sur les frontières du Rhin.
Mais il faut harceler les ennemis et vivre à leurs dépens : c'est de principe dans toutes les lettres; il faut une vigilance continuelle, une activité infatigable; camper de bonne heure et loin des villes; faire relever très fréquemment les garnisons, changer de même souvent les états-majors.
— Toujours de la défiance *.
\, Armée du Nord, à la date.
2. Cet esprit de défiance Ht plus de mal quMl n'en évita; mais il faut reconnaître qu'il fut motivé par des tentatives de corruption. Vandamme livra à Moreau et Morcau transmit au Comité de salut public (Steenworde. M germinal, 31 mars), deux lettres où on lui assurait une sauvegarde, sa sûreté personnelle, 240 000 livres et le prix de toute l'artillerie qu'il pourrait passer avec lui et son armée :
<« Vous avez mis la vertu et la probité à l'ordre du jour, dit Moreau, et
Il faut morceler les forces le moins possible, avoir deux ou trois bons corps de troupes de 15 000 à 18 000 hommes en différents points de la frontière, toujours prêts à marcher pour se porter dans un moment au point qui pourroit être attaqué.
Il faut sans cesse déranger les combinaisons de Tennemi par des changements de position.
Il faut que tu t'attaches à grossir tes forces dans Topinion, au lieu de te plaindre sans cesse, comme font la plupart des généraux...
Fatiguer les ennemis par des simulacres d'attaques,... jeter des ponts pour Tattirer, puis en jeter un autre loin de là pour lui faire faire des marches et des contremarches qui ennuient leurs soldats :
Observer soigneusement la neutralité de la Suisse; attaquer sans cesse et toujours avec des troupes supérieures...
Nous n'aimons point qu'on nous dise que tel poste foible a résisté à Tattaque d'une force beaucoup plus considérable... L'art du général est de faire en sorte que partout où rennemi se présente, il trouve toujours une force trois fois plus considérable que la sienne.
Harcelle l'ennemi sans lui laisser de repos,... prends le système d'une défensive active; vis aux dépens de l'ennemi, jette la terreur dans son pays pour l'écarter du nôtre. C'est en te tenant toujours prêt, en épiant les fautes de Tennemi, en saisissant habilement les occasions, que tu rempliras le vœu du Comité et ce qu'il a droit d'attendre d'un citoyen revêtu de sa confiance.
Carnot *.
il n'existe pas un républicain dans Tarméc qui, guidé par ces principes, ne saisisse avec empressement l'occasion de prouver aux esclaves qui nous combattent, que la liberté est préférable à tous leurs trésors. »
Vandamme écrit à la même date au Comité de salut public, protestant avec indignation contre cette injure que l'ennemi lui a faite; et Robespierre écrit en marge de sa lettre : « Accuser au général Vandamme la réception de sa lettre et de celles que lui ont fait passer les «ennemis; lui témoigner la satisfaction du Comité pour son courage et son incorruptibilité; lui dire qu'on attend de lui, dans le cours de cette campagne, l'elTel des espérances qu'il a données par sa conduite jusqu'à ce jour, et que la gloire d'avoir bien mérité de sa patrie est préférable aux lâches récompenses qui lui sont offertes pour la lâche trahison qu'on lui propose. • (Arch. nat., AF H, 235, pièce 29-31.)
1. Armée du Rhin, à la date (autographe). — Les représentants chargé:* <lu recrutement ou de l'organisation des corps de cavalerie et d'infanterie nj
Cette vive et incessante impulsion, quoique souvent un peu banale dans ses conclusions * et parfois un peu démesurée dans ses termes, devait produire des résultats. Ce n'était pas malheureusement le seul souci des représentants de la République aux armées : agents du conseil exécutif et commissaires de la Convention faisaient du zèle patriotique, sous Tinfluence du rapport de Saînt-Just qui, de retour à Paris, venait de marquer enragés et modérés pour réchafaud. A Tarmée du Rhin, l'agent Reukin, le 12 germinal (1" avril), écrivait au Ministre qu*il attendait la réponse à ses lettres :
Afin, disait-il, d'être à même de parcourir les cantonnements pour... voir par moi-même si les scélérats dont le tribunal révolutionnaire vient de purger la république [Hébert et consorts] n'ont point de partisans dans notre armée *.
Le 7, Lacoste envoyait au Comité des pièces à la charge «le Westermann, un des amis de Danton : une lettre du 3 octobre 1792, où il se vante d'avoir dîné avec le roi de Prusse et finit en disant qu'il assure ainsi l'établissement <lela République, et une autre à l'ancien ministre Lebrun, autre suspect, récemment guillotiné '. — Mais le général poursuivait ses opérations : il recommandait à ses lieutenants, selon le précepte de Carnot, de harceler l'ennemi, <'t il avait parmi eux un jeune officier qui ne s'en faisait pas faute : Desaix, qui venait de pousser une pointe jusqu'à ï'^rankenthal (11 avril, 22 germinal) *.
A l'armée de la Moselle, Jourdan, arrivé à Longwy où
lepie à rarmée du Nord, sans trop s'en tenir aux termes de sa mission, prenait un arrêté contre l'échange des chevaux. (Armée du Nord, à la *lale.)
1- I-ivrer bataille, quand on est sûr de vaincre ; s'abslenir, si on a chance <''étre battu, etc.