Armée du Rhin, aux dates
3 7 nivôse an II, 27 décembre 1793. Vov. Hist. du triiunal révolutionnaire de Paris, t. H, p. 291.
*• Armée du Rhin, à la date.
iU LES REPRÉSENTANTS EN MISSION
«'était fait le rassemblement des troupes (H germinal, 31 mars), informait le Ministre que Ton manquait de fusils et de baïonnettes, et la pluie que Celliez avait invoquée pour arrc^ter les ennemis, ayant tombé pendant quatre jours, avait fait obstacle à sa marche (2 et H avril, 13 et 22 germinal); mais enfin il s'était avancé et avait pris Arlon, refoulant son adversaire jusqu'aux portes de Luxembourg: 30 000 hommes, écrivait-il à Bouchotte le 18 avril, avaient été chassés de positions formidables ^
Pichegru, à l'armée du Nord, avait reçu l'ordre de soutenir Jourdan, et sur sa gauche il obtint quelques succès. Une division de son armée s'était emparée de Courtray (27 avril, 8 floréal); mais la droite, qui devait soutenir l'armée de la Moselle, avait grand'peine à défendre son propre territoire. Le 19 (30 germinal), Pichegru annonçait par deux lettres au Comité et au Ministre que l'ennemi préparait une attaque sur Landrecies, qu'il avait pris Catillon, passé la Sambre, et que l'armée se repliait sur le camp de Guise; le 2o (6 floréal), que les 20 000 hommes, qui se trouvaient entre Cambrai et Bouchain, avaient du se retirer au camp de César. D'autres lettres des généraux Ferrand et Charbonié, des représentants Choudicu et Richard confirmaient ces fâcheuses nouvelles '•
La Convention pourtant ne voulut voir que le succès et, le 27 (8 floréal), elle décréta que l'armée du Nord avait bien mérité de la patrie.
i. Armée de la Moselle, «lux dates. GlUet donne la même nouvelle au Ministre, h la même date. 11 faisait d'autre part son office de représentant aux pouvoirs illimités, en destituant un capitaine en présence de troupes, 5 avril. (Armée de la Moselle, à la date.) — De son côté, Laurent écrivait de Maubeuge (21 germinal, 16 avril) : « Veut-on donc livrer Mauheuge?... toutes les ressources s'écoulent vers l'armée des Ardennes- <ît celle-ci prive encore l'armée du Nord des voitures qui pou voient lui transporter des secours. » (Arch. nat., AF II, 247, à la date.)
2. Armée du Nord, 27 et 2'J avril l'Ui. La lettre de Pichegru du 30 ger^ minai ne trouva plus Bouchotte au ministère. A cette date, il signe avec 4es autres ministres la clôture du registre des délibérations du Conseil executif, supprimé en vertu du décret du 12 germinal, !•' avril 1794. <Arch. naL, AF+ II, 4, à la date.)
C'était un encouragement à redoubler d'efforts pour défendre le territoire sur le point où il était le plus menacé. Malheureusement Tesprit de parti reléguait au second rang les considérations purement nationales : représentants et ministres étaient partagés entre la répugnance que les nobles inspiraient et le besoin que Ton avait de leurs services. Gillet demandait au Comité de salut public quelle conduite on devait tenir à leur égard, lorsqu'ils étaient dans l'armée. Il ne se croyait pas autorisé à les renvoyer s'ils étaient irréprochables (7 avril, 18 germinal); mais Bouchotte mandait à Charbonié de se garder des aristocrates avant tout (11 avril, 22 germinal) :
J'ai pensé, disait-il, que la composition de Sedan étoit telle qu'il falloit encore plus qu'ailleurs se garantir du langage des riches *.
Les complots n'étaient pourtant pas uniquement l'œuvre des aristocrates. Le représentant Gillet en signalait un dans la 173° demi-brigade. Sergents et caporaux avaient formé le projet de déserter, en raison de la loi qui refusait l'avancement à ceux qui ne savaient ni lire ni écrire (13 avril, 24 germinal). — Tel était donc le cas de ces caporaux et de ces sergents.
Dans ces circonstances le Comité jugea utile de concen- Irer davantage son action militaire et prit cet arrêté (8 floréal, 27 avril) :
Le Comité de salut public arrête que toutes les dépêches relatives aux événements de la guerre dans toutes les armées de la République, soit de terre, soit de mer, seront adressées directement, exclusivement et avec la plus grande célérité, au Comité de salut public. Tous les généraux des armées de terre et de mer rendront compte sur-le-champ de tous les événements militaires au Comité de salut public.
Signé : R. Lïndet, Carnot, Saint-Just, C.-A. Prieur, B. Barère,
GOLLOT d'HeRBOIS, ROBESPIERRE, BiLLAUD-VaRENNE '.