IV
â26 ' LES REPRÉSENTANTS EN MISSION
Ce fut une fâcheuse nouvelle qui arriva tout d'abord au Comité : la prise de Landrecies, place petite, mais d'une grande importance pour Tattaque dirigée par Tennemi au cœur de la France, puisqu'elle lui livrait un nouveau passage de la Sambre au-dessus de Maubeuge. Dans une lettre du 30 avril (11 floréal), Richard et Choudieu cherchaient à dissiper les alarmes que le Comité avait conçues dès le commencement du siège * :
L'effet naturel de nos succès dans la Flandre maritime et aux Ardennes, disaient-ils, doit être de diviser les forces ennemies et de les diriger en partie sur ces deux points, et nous sommes sûrs alors de les chasser de notre territoire et de les battre sur le leur.
Et ils niaient que Landrecies fût prise : — mais le même jour la ville capitulait *. Le 2 mai (13 floréal), Laurent faisait connaître au Comité les murmures de l'armée contre le général Balland qu'on en rendait responsable. Il faut le changer, si on ne le fait passer devant un conseil de guerre; on s'attend à voir Avesnes et Maubeuge incessamment assiégées *. Le 3, lettre de Saint-Just et de Le Bas qu'on venjyt d'envoyer de nouveau à l'armée du Nord (30 avril, 11 floréal) et qui apprenaient l'événement en arrivant à Guise :
Ce malheur vient du désordre extrême qui règne dans cette partie de l'armée du Nord, depuis Maubeuge jusqu'à Cambrai.
...Nous avons trouvé de l'abattement parmi les généraux. Aucun plan n'exisloit, il faut à tout un but déterminé ; Ton n'en a point ici. H/Ucz-vous de nous envoyer un plan de mouvement depuis Cambrai jusqu'à Beaumont.
L'ennemi n'est point en force. Nous pourrions en même temps
1. Lettre autographe de Carnot à Saint-Just et Le Bas, de la même date. On avait suivi, disait-il, une mauvaise tactique pour dégager Landrecies. On a attaqué par le Cateau et Solesmes, au lieu de le faire par la rive droite de la Sambre; on a morcelé les forces, tandis qu'on aurait dû agir en masse. (Armée du Nord, à la date.)