‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 110 sur 225 · Arch. nat., AF+ H · texte numérisé non relu

Arch. nat., AF+ H

avancer dans la Flandre maritime, cerner Valenciennes, le Quesnoy, Landrecies et marcher sur Bavay *.

A la suite de la prise d'Arlon, le Comité de salut public avait écrit à Jourdan de couvrir ce poste important, soit de sa gauche, soit de troupes empruntées à l'armée du Rhin. Dans le plan général du Comité, Farmée de la Moselle avait, lui disait-on, deux opérations majeures à exécuter : la prise de Trêves et la prise de Liège; la dernière était la plus pressée (27 avril, 8 floréal) '. La prise de Landrecies dérangeait singulièrement ce plan. Bien plus, Tennemi, revenant en forces, avait repris Arlon et contraint Tannée de Jourdan à se replier sur Longwy ', en sorte que, de ce

1. Dans sa lettre du 30, Carnot disait à Saint-Just : « Je vous envoie les lois militaires, les cartes, ainsi que le SAbre qui vous manque. » — Pour faire tout cela, Saint-Just avait en cfTet grand besoin du sabre qui lui manquait.

2. Lettre signée de Billaud-Varcnne, Carnot, B. Barërc et Collot d'Herbois. Voici sur ces opérations à faire l'arrêté du Comité, daté du 30 :

Le Comité de salut public arrête :

Abticlb !•' Le général en chef de l'armée de la Moselle fera marcher, sans aucun délai, toutes les forces disponibles sur les pays de Liège et de Namur.

Article II Il ne conservera sur les frontières de la Moselle que les forces strictement nécessaires pour garderies places fortes, les places d'Arlon et de Kayserslautern, et une position entre la Sarre et la Moselle, de manière que le détachement formant la division qui doit marcher sur la Belgique soit au moins de 20 000 à 25 000 hommes.

Article III Le général en chef de l'armée de la Moselle exécutera cette opération dans le plus grand secret et fera courir le bruit d'une autre expédition soit sur Trêves, soit sur le Palatinat.

Carnot, Robespierre, Saint-Ju8T, Collot d'Herbois, B. Barèrb,

R. LiNOBT.

3. Lettre de Gillet (1" mai), de Jourdan (2 mai), de Florent Guiot (4 mai). Le représentant Gillet, se consolant de la perte d'Arlon, disait au Comité quMl était impossible de le garder avec peu de monde et qu'on y rentrerait quand on voudrait (l^r mai). Jourdan prenait moins facilement son parti de cet échec (2 mai), et Carnot de même. Carnot mandait au général, à la date du 3 mai, qu'il avait écrit h Michaud de mettre 16 000 hommes À sa disposition. Il faut, disaitiil, se hâter de reprendre Arlon. Gillet changeait de ton, lorsqu'il se joignait À Duquesnoy pour

côté, tout le début de la campagne semblait manqué *. Mais Carnot n'en est pas déconcerté ; il a pour ces deux échecs une double revanche toute préparée, si Ton s'y prête. Il écrit à Saint-Just et à Le Bas sur Landrecies une première lettre (2 mai) où il se demande si Cambrai ne pourrait pas être en péril? Mais il ne le craint pas. Cambrai ne pourrait être menacé qu'à l'intérieur, et il compte sur eux à cet égard '. Dans une seconde lettre (4 mai), il revient sur la perte <le la place : elle ne peut être que l'efTet ou de la trahison ou de l'ignorance au moins de plusieurs chefs; il faut les remplacer et remettre l'ordre dans cette partie de l'armée :

Vous demandez un plan d'opérations; jusqu'ici il n'a pas dû en manquer. Le plan général étoit d'empêcher le progrès dans la trouée, et le passage de la Sambre, de le forcer (l'ennemi) à lever le siège ou le blocus d(^ places qu'il voudroit attaquer, de le chasser du Cateau, de Solesmes et de tous ses postes successivement.

Et reprenant le plan de Saint-Just (avancer dans la Flandre maritime, cerner Valenciennes, le Quesnoy, Landrecies et marcher sur Bavay) :

Mais pourrez-vous exécuter cette dernière opération à côté de la forêt de Mormale d'où l'ennemi peut sortir en force pour

écrire au Comité qu'il serait imprudent d'attaquer Arlon avant que toute Tarmée fût réunie, c'est-à-dire avant quinze jours (4 mai). (Armée de la Moselle, aux dates.)

1. Pichcgru convenait du trouble que la prise de la place jetait dans le plan d'opération projeté (môme date) : « Cet événement, disait-il au Comité, diminue nos moyens de défense vers le centre et nous oblige à opérer oiïensivement sur nos ailes. » — Les forces de l'ennemi, depuis U Fner jusqu'à la Meuse, étaient, selon lui, évaluées à environ 200 000 hommes.

2. « Nous ne craignons pour cette place que la trahison, mais nou» espérons que votre présence saura la déjouer. Nous ne pensons pas que vous ayez besoin d'appeler au secours de vos forces, qui doivent être considérables, celles qui se trouvent à Beaumont et sur les bords de la Sambre. Ce scroit vous réduire à la défensive...

« Défendez donc âprement les passages de la petite Klpe et de la Sambre et poursuivez invariablement le projet de cerner l'ennemi et de l'enfermer dans la trouée qu'il a faite. • — IJn coup de main ne serait-il pas possible pour reprendre Landrecies? La brèche est encore ouverte, l'ennemi en s'éloignant aura emmené ses canons, etc.

vous cerner vous-même, lorsque l'opération si simple de la levée du siège de Landrecy n'a pu être exécutée? Comment parviendrez-vous au quartier général de Tarméc ennemie, si vous n'enlevez d'abord les postes avancés? Commencez donc par ceux-ci ; mettez les Autrichiens en déroute et poussez-les ensuite, aussi loin que vous pourrez. Il est certain que ce n'est pas à nous d'attendre l'ennemi; que c'est à vous à l'attaquer sans cesse.

Pour cela il faut agir avec Tarmée des Ardennes, mais d'abord la renforcer :

Nous avons donné Tordre à Jourdan de marcher sur Namur avec toutes ses forces disponibles. Si le général de l'armée des Ardennes avoit des forces suffisantes, il iroit au-devant de l'armée ennemie que Jourdan chassera devant lui, et cette armée ennemie se trouveroit entre deux feux. Vous sentez donc de quelle importance il seroit que l'armée des Ardennes fût renforcée par 25 000 ou 30000 hommes *.

A la même date il écrit à Charbonié, général de l'armée des Ardennes, en le complimentant de sa jonction avec la droite de l'armée du Nord :

Il faut se hâter de mettre à profit ce premier avantage pour

empêcher l'ennemi d'approcher de Maubeuge et le chasser

entièrement de tout le pays d'Entre-Sambre-et-Meuse. Tes

mouvements ont été favoj^isés par l'armée de la Moselle qui,

en s'emparant d'Arlon, avoit pour objet d'attirer à elle une

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