partie des forces ennemies du pays de Namur. Nous apprenons
en effet que Beaulieu est parti de ce pays avec une colonne très
forte pour reprendre Arlon. 11 a malheureusement réussi...
Mais Jourdan, général en chef de l'armée de la Moselle, se
propose à le débusquer au plus tùt de ce poste important; et
fcientùt, sans doute, Beaulieu va reprendre le chemin de Namur.
C'est à toi de lui couper la retraite. Rassemble au plus vite
t,out ce que tu as de forces disponibles sur la rive droite de la
Meuse, réunis-les en avant de Givct et marche à la rencontre
de l'ennemi, en le prenant sur son flanc gauche, près de Marche-
en-Famine ou ailleurs. Si ton entreprise est bien combinée
Hvec celle de Jourdan, la division de Beaulieu doit être entière-
i. Armée du Nord, aux dates.
ment exterminée. Cette opération est décisive. Tire des garnisons tout ce qui n'est pas d'absolue nécessité, fais-en une masse et tombe sur celte division qui probablement ne s'attend pas à ce mouvement *, etc.
Et pourtant il conseille la prudence. Le 6 mai, il écrite Jourdan :
Il ne faut pas s'exposer à être une 2** fois repoussé d'Arlon, et tu penses avec raison qu'il convient d'attendre la réunion de toutes tes forces pour débusquer l'ennemi. C'étoit aussi l'intention du Comité, en prenant l'arrêté de faire marcher sur les pays de Liège et de Namur toutes les troupes disponibles de la Moselle. La première attaque d'Arlon a toujours produit un très bon elTet, celui d'attirer Beaulieu de ce côté, ce qui a un peu dégagé les Ardennes et a laissé à Charbonnié la faculté d'opérer sa réunion avec la gauche de l'armée du Nord. Si Charbonnié se trouvoit un peu plus en forces, il sortiroit par Givet pour aller à la rencontre de Beaulieu, pendant que tu le chasserois par derrière; il ne faut pas compter sur cette manœuvre qui seroit pourtant d'une grande importance, parce que nous ne savons si nous pourrons procurer à Charbonnié les troupes qui lui seront nécessaires. Nous ferons nos efforts pour cela....
Mais en attendant?
Marche toujours et poursuis l'ennemi l'épée dans les reins jusqu'aux bords de la Meuse. Ne compte pas sur d'autres secours; s'il t'en vient, tu en profiteras pour achever sa déroute complète.
Et il lui annonce les victoires remportées dans le Midi : à l'armée d'Italie, à l'arniéo dos Pyrénées-Orientales. — Qu'il se mette lui-même à la tète de l'armée qui doit mar* cher sur Namur '.
1. Le fi, Charbonié répond au Comité qu'il ne peut rien tenter avec do pareilles forces, qu'il va se concerter avec Desjardins, commandant de \^ division placée sous Maubeuge. Le 8, Carnol insiste. 11 faut passer Is Sambre et se porter sur Mons, afin de se rattacher au plan de Pichegru; dans tous les cas, il doit garder sa droite et maintenir ses communications avec Beaumont et Vedette-Républicaine (Philippcville). (Armée du Nord, aux dates.)
2. La haute direction de Carnot dominait et éclipsait même celle des représentants près les armées, sans l'annuler d'ailleurs. Lacoste, le 8 mai
La correspondance des généraux ou des représentants avec le Comité marque bien qu'il n'y avait pas accord entre ce qu'on souhaitait h Paris et ce que, sur les lieux, on croyait possible de faire , et il en résultait un certain désarroi dans la suite des opérations. Saint-Just et Le Bas, on l'a vu, étaient revenus à l'armée du Nord. Pichegru avait combiné un plan avec eux. Mais voici qu'au moment de l'exécuter arrive un contre-ordre. Saint-Just et Le Bas, mécontents, disent au Comité qu'il est trop tard : toutes les troupes sont rassemblées; Thuin sera attaqué le lendemain *. — Thuin, à trois lieues de Charleroi!
Mais on avait trop présumé en voulant prendre Charleroi, quand Landrecies était aux alliés. Il fallut y renoncer pour l'heure. Au moins, l'abbaye de Lobbes et celle d'Aulnes furent-elles brûlées pendant la retraite par ordre des deux représentants.
Levasseur parle assez mal de Saint-Just dans son rapport'; mais c'est après le 9 thermidor et, partant, son témoignage est suspect. Saint-Just, dit-il, avait mis l'armée des Ardennes et les trois divisions de celle du Nord
(17 floréal), donnait de Metz de bonnes nouvelles sur les subsistances, l'habillement, etc. Le môme représentant et ses collègues, Gillet et Duquesnoy, informaient le Comité que Michaud lour annonçait l'arrivée prochaine des 16 000 hommes de l'armée du Rhin, et ils insistaient sur les motifs de réunir toute l'armée avant de reprendre l'attaque d'Arlon, sur l'avantage qu'il y aurait à faire filer, au moment de cette attaque, 20 000 hommes des environs de Thionville pour s'emparer de la route de Luxembourg et forcer Beaulieu à accepter la bataille ou à se retirer sur Namur (9 mai). — A la même date, Jourdan écrit au Comité : il a reçu sa lettre qui lui prescrit d'attendre : il attendra; il a bien l'intention de se mettre h la tête des troupes contre Namur. Le 12, il lui annonce que l'armée du Rhin a commencé son mouvement; il espère pouvoir, dans les premiers jours de prairial (fin de mai), faire son expédition sur Liège et Namur. (Armée de la Moselle, aux dates.)
4. Ils demandent à Pichegru ce que doivent faire les troupes du camp de Guise pendant ce mouvement (9 mai). (Armée du Nord, à la date.) — De «on c6té, Carnot écrit à Charbonié pourquoi le Comité a préféré le passage de la Sambre par Beaumonl et Thuin au passage par Charleroi... Il ^r avait nécessité à débusquer l'ennemi de Thuin, et on trouvait plus de facilité pour venir au secours d'Avesnes ou de Maubeuge, si ces places étaient attaquées (10 mai).