Bibl. nat., Le 3»,ii
SOUS le commandement de quatre généraux qui, dans un conseil, devaient décider de lous les mouvements de Tarmée. — « On alloît au jour le jour. Je voyois bien d'autres inconvénients que je voulois faire sentir à Saint-Just mais il ne daigna pas m'écouter. Nous fumes attaqués et forcés de repasser la Sambre. » — La position fut reprise quinze jours plus tard. Et après Toccupation de Thuin : « Saint- Just fut sur la hauteur du couvent des capucins à Thuin d'où Ton voyoit le combat qui se livroit à Tabbaye de Lobbe. Je fus Ty trouver et lui dit que ce n'étoit pas de si loin que des représentants du peuple dévoient se battre. — « Que veux-tu que nous allions faire là m, me répondit Saint-Just. Je n'étois pas de bonne humeur, aussi je lui dis : Cette réponse est celle d'un homme qui a peur. Je montai à cheval et courus à Tabbaye de Lobbe. »
Les deux jeunes proconsuls se donnaient beaucoup de mouvement depuis cette entrée en campagne, et c'était toujours avec des manières de despotes, pratiquant la maxime: la liberté ou la mort, — la liberté pour eux :
Ordre d'arrêter lous les chirurgiens qui paroitront dans Noyon sans permission. — Pichegru, en raison de Tassassinat des magistrats de Landrecy par les Autrichiens, est autorisé d'arrêter sur l'heure, par représailles, les nobles et magistrats de Menin, Courtrai et baulieue (il) floréal an 2"...).
La discipline ou la mort :
Les représentants du peuple près l'armée du Nord, voulant fortifier la discipline (jui fait vaincre, interdisent jusqu'à nouvel ordre, sous peine de mort, à tout militaire qui n'est point de la garnison ou de l'élat-niajor, l'entrée des quartiers généraux après la publication du présent arrêté.
Les tribunaux militaires répondent de l'impunité de tous ceux, quels qu'ils soient, chefs ou soldats, qui auroient violé la discipline, et seront poursuivis eux-mêmes.
Réunion-sur-Oise le 14 floréal an 2®...
Ce n'était pas assez :
Il y aura dans Maubeuge et dans Avesnes une commission militaire qui jurera de s'ensevelir sous la place et sera chargée
eu. XXX. — CAMPAGNE DE 1794 233
de faire fusiller, en cas de siège, ceux qui parleroient de se rendre avant d'avoir soutenu les assauts.
Réunion-sur-Oise, 20 floréal (9 mai *).
La fortune allait nous revenir. Jourdan n'avait pas perdu un jour pour refaire son armée. Le 14 mai (25 floréal), il annonçait au Comité qu'avant cinq jours il aurait 42 000 hommes; le 16, qu'il partait pour Thionville, afin d'y organiser ses troupes. Il comptait se mettre en mouvement le 21 mai (2 prairial) et marcher sur Arlon. L'ennemi ne l'attendit pas dans Arlon. Ce même jour, 21 mai, il évacuait la place et se retirait, partie sur Noufchâteau, partie sur Luxembourg : les trois représentants qui étaient sur les lieux, Gillet, Duquesnoy et Pflieger en avertirent le Comité. Jourdan le suivit dans son mouvement, marchant sur Neufchâteau : il en informe à cette même date le Comité, et le Comité l'approuve. Le 24 mai, Duquesnoy et Jourdan annoncent que l'ennemi est chassé de Neufchâteau *.
Même succès aux deux ailes de l'armée du Nord. D'une part, le 12 mai (23 floréal), Levasseur écrit que l'armée est à Fontaine -l'Évoque et que Charbonié se propose d'attaquer Charleroi, si l'ennemi n'est pas trop en force; d'autre part, le 13 (24 floréal), Choudieu et Richard donnent la nouvelle que les Autrichiens, au nombre de 30000, ont été complètement battus devant Courlray. Kléber et Marceau viennent d'arriver à l'armée du Nord, et bien que les représentants rapportent tout le succès à la bravoure de l'infanterie, ils serviront à montrer, pour leur part, que les bons généraux y sont bien aussi pour quelque chose. Enfin Souham apprend à Moreau, son lieutenant, l'entrée de nos troupes à Tourcoing (17 et 18 mai, 28et29floréaP).
Le 19 mai (30 floréal), Carnot traçait un nouveau plan. Il