Armée du Nord, aux dates
rangeait toute Tannée du Nord en bataille. Un camp de 60000 hommes dont 10000 cavaliers, de la Lys, près de Deulemont, à la Scarpe, près de Marchiennes ; un autre corps de 40 000 hommes, entre Landrecies et Solesmes, appuyé à gauche par 10 000 chevaux; 25 000 hommes entre Sambre et Meuse; 50 000 tirés des armées des Ardennes et de la Moselle vers Marche-en-Famine : toute cette masse était mise en mouvement et le résultat devait être la prise d'Y^pres et la reprise de nos places. De Marche-en-Famine on s'avancerait sur Namur ou sur Liège, et après la reprise de Valenciennes, on irait, à travers le Hainaut et le Brabant, jusqu'à Anvers. — Mais le 21 (2 prairial), Carnet se voyait obligé d'écrire au général commandant les forces du camp de Réunion-sur-Oise :
Une députation de la commune de Bohain nous informe que les satellites des despotes ont l'audace de venir faire des réquisitions et donner des ordres jusqu'aux portes de la place où tu as 25 000 hommes à tes ordres. Cette députation nous a remis une de ces insolentes réquisitions à laquelle cette commune s'est généreusement refusée ; mais convient-il que les braves gens qui l'habitent soient victimes de leur patriotisme et ne peux-tu, avec la somme des forces qui sont à ta disposition, empêcher les brigands d'exercer leur ravage pour ainsi dire sous ton canon *?
Il lui prescrit d'y aviser, de communiquer ces observations aux représentants et de prendre leurs ordres. Ainsi, même à l'armée du Nord, il y avait, entre les corps d'armée, des fissures par où l'ennemi que nous menacions nous rappelait qu'il pouvait nous attaquer chez nous.
Du côté de la Moselle et du Rhin, la situation était de beaucoup moins favorable. Michaud, h qui le Comité de salut public avait donné ordre de faire partir 16 000 hommes pour l'armée de la Moselle, répondait que cet envoi affaiblirait trop son armée (10 mai, 21 floréal) * : on lui