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Armée de Sambre-et-Meuse, aux dates

leurs «le Juinel et de Ransart. Le 13, Jourdan : les avantpostes ont été attaqués; le 16, engagement plus sérieux : Taile gaucho, commandée par Kléber, avait complètement refoulé Tennemi, le centre se battait avec avantage, quand Jourdan apprit que la droite, où pourtant se trouvait Marceau, avait repassé la Sambre, et qu'ainsi Charleroi était débloqué. II jugea qu'il fallait remettre la partie et ramener toutes ses troupes de Tautre côté de la rivière *. Mais le surlendemain il reprend ses positions sur la rive gauche et bloque de nouveau Charleroi. Saint-Just était là : une prompte revanche était pour le général en chef le seul moyen de sauver ses lieutenants qui avaient faibli et probablement de se sauver lui-même. Une nouvelle journée se préparait donc. Cette fois, le prince de Cobourg, laissant le duc d'York avec ses troupes anglaises et hanovriennes sur l'Escaut, au voisinage du général Clairfayt, quitta Tournay (20 juin) pour rejoindre l'aile gauche de son armée et le prince «rOrange sur la Sambre; mais le délai qu'il prit pour attaquer Jourdan no lui servit pas. La garnison de Charleroi, vivement pressée par Marescot et menacée d'un a.ssaut, capitula le 25; elle apprit trop tard l'arrivée des renforts qui venaient à son secours *.

Jourdan, faisant connaître au Comité ce grave événement, annonçait pour le lendemain la bataille.

Cette fois, il l'attendit dans ses positions, soutenu par ses redoutes, et la gagna. L'armée ennemie ignorait encore

1. Sur la suite de ces événements, voyez Armée de Sambre-et-Meuse, aux dates. Sur la journée du 16, la lettre de Jourdan au Cîomité, celle fie Kléber à Jourdan (17 juin) et le bulletin étranger qui chante victoire; pour la rriti(|ue de l'opération, Jomini, t. V, p. 126 et suiv.

2. «Juelques jours avant la victoire, le o messidor (23 juin), à Marchiennes- Qu-Oont, (iillet, Saint-Just, J. -13. (îuylon. représentants près les armées du Nord et de la Moselle, entonnent déjà le chant du triomphe : Le siège de Charleroi se pousse avec activité; les ennemis sont dans la plus extrême misère et le découragement.

- I/Curope est en décadence, et nous allons fleurir.

" L'esprit de Tarmée est triomphant, la joie y règne avec le patriotisme. *

Qu*on ne la laisse manquer de rien, et ils présagent de grands avantages dans la Belgique. (Arch. naL, AF II, 235, à la date.)

la reddition de Charleroi. Quelques coureurs, envoyés par Beaulieu jusque sous ses murailles, furent tout surpris d*ëtre reçus à coups de canon. Le duc de Cobourg, sachant qae la ville était prise, n'hésita pas à battre en retraite, comme s'il n'y avait plus rien à faire. Le défaut de munitions empêcha Tarmée française de le poursuivre (26 juin, 8 messidor) *.

Mais la victoire, bien que disputée, était décisive. La Convenlion par un décret du 11 messidor (29 juin) décida que Tarmée qui l'avait remportée s'appellerait « armée de Sambre-et-Meuse ».

Suites de la bataille de Fleurus.

Occupation du Hainaut et des Flandres.

La victoire de Fleurus allait avoir des suites considérables. Ce ne fut pas comme la bataille de Wattignics qui n'arrêta point la violation de notre territoire, mais bien comme la bataille de Jemmapes qui nous donna la Belgique. Elle allait nous rendre la Belgique. Carnot écrivait à Jourdan le M messidor (29 juin), au nom du Comité de salut public :

Les armées réunies sur les bords de la Sambre se sont couvertes de gloire. Le Comité se félicite d'avoir trouvé en toi un chef digne de les commander; il est persuadé que rimportance des services que tu as rendus à la patrie ne feront qu'augmenter ton dévouement pour elle.

1. Sur celte journée du 26, voyez. Jomini, /. /., p. 136 et suiv. — Parmi les pièces recueiUios sur la bataille de Fleurus au Dêp<M de la Guerre, dans les carions de l'armée de Sambre-et-Meuse, citons : 26 juin (8 messidor), Kléber : rapport sur les mouvements de ses troupes dans la bataille; môme date, rapport officiel de l'état-major de l'armée autrichienne; — 27 juin, Rochefort, adj., chargé de la partie secrète, à Guylon représentant : il parle de l'effet (|ue l'aérostat dont on lit usage en celle journée produisit sur les soldats ennemis; les officiers cherchaient à les rassurer, en leur disant (jue c'étaient (pielques Français qui s*amusaicnt: — même date, rapport de Marceau à Jourdan;— de Kléber, de Marescot sur le siège de Charleroi; — 28 juin, proclamation des représentants à l'armée.

Et il lui retraçait la conduite à suivre pour recueillir tous les fruits de la victoire : affermir la discipline qui était plus que jamais nécessaire; ne lever de contributions que sur les riches et les ennemis du nom français; pousser à outrance l'armée ennemie sur Bruxelles; avoir un corps d'observation pour surveiller Namur, un autre pour protéger nos derrières, un troisième entre Mons et Bruxelles et un quatrième le plus en avant possible de Charleroi. Plus n'était besoin d'opérer contre la foret de Mormale, à moins que ce ne fût pour reprendre Landrecies et le Quesnoy; ne laisser dans les places que les garnisons rigoureusement nécessaires *.

L'impulsion de la victoire se faisait sentir sur tous les points; et tout d'abord Jourdan résolut d'attaquer Mons avec les troupes du camp de Maubeuge et de Guise '. Ce fut Kléber qui décida la retraite des Autrichiens, et les Français furent reçus dans la ville aux acclamations d'un peuple immense (1" juillet, 13 messidor). Les détails abondent sur cette occupation dont la facilité même promettait de si rapides conquêtes'. Les représentants qui suivent les armées dans leur marche donnent particulièrement des renseignements curieux, non pas seulement sur l'action mililaire, mais sur l'action politique et sur l'état moral et (les vainqueurs et des vaincus. Gillet s'est rendu immédialement à Mons et, dès le lendemain, ayant rejoint le quartier général à Marchiennes-au-Pont, il écrit au Comité :

J'arrive à l'instant de Mons, je ne puis encore vous donner tous les détails de la journée d'hier.

La terreur et le découragement sont parmi les esclaves ^,

!. Armée de Sambre-ct-Mcuse, ù la date.

2. Lellro de Jourdan, 29 juin. Il se plaint de n'avoir pas de nouvelles de Piclie^ru, avec lequel il est nécessaire d'agir pour diviser les forces de rennemi.

3. Lettres de Jourdan, i<?r juillet; de Kléber, de Lefebvrc, 2 juillet; de Kléber encore k Jourdan (autographe), 4 juillet, etc. Armée de Sambreol-Mouse, aux dates.

l. On appelait courammeni, on le sait, les ennemis les esclaves, comme les Vendéens les hrifjamh.

rennemi a évacué et brûlé en majeure partie ses magasins... Nous avons imposé une contribution de 2 millions payables moitié par le clergé de Mons et l'autre par les riches.

Dans une seconde lettre du même jour, il parle de la terreur inspirée par la prise de Mons et de la supériorité que cette victoire assure à nos troupes en Belgique; mais il ajoute cette observation :

L'occupation de cette place divise l'armée de Sambre-et-Meuse en deux corps trop éloignés, tandis que l'ennemi concentre ses forces sur Bruxelles.

Voici notre position : sur notre flanc droit, Namur et un corps d'armée; sur la gauche, Tournay et sur les derrières Valenciennes, Gondé, le Quesnoi, Landrecies [occupés par rennemi].

11 me paroîl que le seul moyen de parer le danger seroitde s'emparer de Tournay. Par là toute communication seroit 6lée à l'ennemi avec les places qu'il occupe sur notre frontière; les garnisons réduites à elles-mêmes ne nous donneroient aucune in([uictude et fmiroient par se rendre promptement. Alors on pourroit occuper les hauteurs de Mons avec peu de forces, former un corps d'armée d'environ 80 000 hommes et prendra Namur *.

Pichegru de son côté ne restait pas inactif. La pri^^ d'Ypres avait été suivie de la soumission de Bruges; il a"î avait plus qu'un pas à faire pour arriver à Ostcnde, ce pa^ depuis si longtemps visé par Carnot, comme un lieu il ^ débarquement qu'il voulait ôter aux Anglais. Carnot seni^ ' blail même voir quelque chose au delà, T Angleterre '! Piche?=^ gru avait d'abord eu rintcntion d'ajourner sa marche su#^ Oslendo a(in de mettre Clairfayt dans l'impossibilité de s'y^ opposer. A cette fui, il devait attaquer, le 28 juin, Aude-^ nardc ^ Mais, le 29, il écrivait à Jourdan qu'il y renonçait, le Comité de salut public lui ayant manifesté le désir de voir ses forces dirigées sur Ostende, avec ordre d'envover

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