IV
même qu'on ne doit pas attendre les frégates qui doivent venir du Havre et de Brest, les forces mari[ti]mes qui sont actuellement à Dunkerque étant suffisantes. Il a été question de partir d'Ostende, mais, tout considéré, il paroit que Dunkerque convient mieux, afin qu'on se doute moins que c'est pour la Hollande et que les Anglois se persuadent que c'est pour eux-mêmes.
En prenant le parti proposé par Vanstabel d'opérer sur-lechamp, nous sommes forcés, par la médiocrité de nos préparatifs, de nous borner à l'expédition de la Zélande et d'abandonner pour ce moment notre projet sur la Hollande. Alors, au lieu de 15 mille hommes que nous avions demandés, o mille, au plus, suffiront. Avec eux tu t'empareras de l'île de Walcheren et de proche en proche de toutes les autres îles de Zélande avec la rapidité d'un éclair.
Il lui dit de se concerter avec Pichegru et de différer la publication du manifeste contre le stathoudérat. Ce n'est pas l'avis de Berge, mais c'est un Hollandais qui ne voit que son pays :
Or je crois ([ue l'intérêt de la France est de commencer (^^ pouvant pénétrer tout de suite en Hollande) par prendre, ^ titre de conquête, la Flandre maritime et la Zélande, sauf ^ traiter après.
Le 1 juillet, Lacombe-Saint-Michel répond à Carnol. ^"^ Il s'est entretenu avec Richard et Pichegru : tout est prêt ^ '
Carnot avait de grandes vues pour un plan général ; mai^ il nous fournit lui-même la preuve que, dans le détail, riei:^ ne vaut l'inspiration de l'heure même et la vue des choses et des lieux. Il avait failli enlever 15 000 à 16 000 hommes à^ Jourdan, la veille de la bataille de Fleurus; et maintenant que l'ennemi était vaincu, voici ce qu'il imaginait pour lui préparer une déroute complète. Ce n'est pas sur Jourdan qu'il comptait, mais sur Pichegru, prenant pour base d'opération un corps rassemblé près d'Ath ou de Leuze, soutenu par la garnison de Mons; et il écrivait à Jourdan (4 juillet) :