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Armée du Nord, aux dates

Il faut donc porter la masse de tes forces du côté de Namur, et éloigner l'instant du combat, s'il est possible, jusqu'à ce que Pichegru vienne attaquer l'ennemi par derrière. Mais celui-ci pressera l'instant de la bataille ; il faut donc prendre une excellente position défensive, la fortifier de ton mieux et entretenir avec Pichegru une correspondance des plus actives pour agir de concert et choisir l'instant du combat.

Heureusement Jourdan était en marche. Il lui répond le i9 messidor (7 juillet) que l'armée ost en mouvement depuis la veille sur cinq colonnes et qu'elle a partout du succès :

J*ai reçu votre lettre du 16 (4 juillet), hier soir, sur les champs de bataille et j*ai vu que, pour entrer dans vos vues, j'aurois dû rester dans ma position et envoyer un corps à Ath ; mais, n'ayant point reçu d'ordre de Pichegru, je souffrois de voir l'armée dans l'inaction, je craignois même qu'on ne me reprochât de ne pas profiter de nos avantages; enfin j'ai cru bien faire en attaquant.

Il a trouvé partout une grande résistance :

Ce qui me persuade que l'ennemi a réuni ses forces entre Namur et Bruxelles; mais partout nous avons été vainqueurs et nous occupons les positions dont nous avons chassé l'ennemi. Il seroit possible que les circonstances me forçassent de rentrer dans nos retranchements de Fleurus, mais cependant j'attendrai d'y être forcé; l'armée ne feroit pas sa retraite avec plaisir *.

Chaque jour amenait de nouvelles conquêtes en Belgique : il n'y avait <le difficulté que sur la <lésignation des corps qui devait les aller occuper. Et cependant quatre de nos villes se trouvaient encore, derrière nos armées victorieuses, en possession de l'ennemi.

Mais Carnot les savait bloquées et n'en avait rien de bien sérieux à craindre. Dans une lettre du 5 juillet aux représentants près l'armée de Sambre-et-Meuse, il reprend donc la question des 16 500 hommes qu'il avait demandés, disant

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