Armée du Rhin, aux dates
28â LES REPRÉSENTANTS EN MISSION
doute, bien que plusieurs des représentants en mission qui la saluèrent eussent mieux fait de garder un silence prudent. Ce fut donc un enthousiasme universel, un concert d'exécration et de louange sur toute la ligne, de Dunkerque à Strasbourg. Florent Guiot écrit de Lille (12 thermidor, 30 juillet) aux membres (survivants) du Comité de salut public :
Je viens de lire, citoyens collègues, dans les papiers publics les détails de l'exécrable conspiration de Robespierre, Sainl- Just, Couthon, etc., contre la liberté, le peuple et la Convention nationale. Mon âme a été soulagée en apprenant que ces vils scélérats ont reçu le prix de leurs crimes. Je n'ai pas été étonné de l'infiimc trahison de Robespierre. L'ami, le protecteur des Lavalette et des Dufraisse ne pouvait être qu'un conspirateur. Depuis trois décades surtout je pressentais cet infernal complot, et c'est ce qui me faisait vous dire dans une de mes lettres de la fin de messidor que j'avais besoin d'aller à Paris pour conférer avec vous sur d'importants moyens de salut public.
La nouvelle de la punition des traîtres a répandu l'allégresse dans la commimc de Lille.
Et il envoie sa proclamation '.
Le 13 thermidor, Lacombe-Saint-Michel disait au mémo Comité en parlant de la crise d'où le Comité sortait vainqueur :
Si je ne les ai pas partagés vos dangers, je partage du moins votre énergie, je la transmettrai aux armées, et c'est dans les terres ctrangères, en attaquant linfàme coalition que j'irai chercher les complices de Robespierre.
Et le même jour, Gillel, dont on se rappelle la lettre écrite quelques jours plus tôt à Saint-Just :
J'ai eu le malheur d'avoir pour collègue pendant quelques jours le scélérat Sainl-Just, et, au moment où il conspiroit, je vous invilois à le renvoyer. Pouvois-je le croire criminel, lui qui jouissoit de la plus grande conliancc? Que n'est-il venu?...