Voy. ci-dessus, p
le jacobin Laveau qu'il venait de chasser de Strasbourg*, fut mandé à la barre le 18 sur la proposition du député Rûhl, son concitoyen *. Il avait promis de s'y rendre; il l'avait promis aux représentants délégués à Strasbourg. Mais ayant su qu'on l'y voulait envoyer en criminel sous la garde des gendarmes, il se retira à Bâle d'où il écrivit à l'Assemblée qu'il reviendrait dans sa patrie quand la liberté et les vrais principes de Tordre social y seraient proclamés ^ Il y revint beaucoup trop tôt, et nous en dirons les suites.
La journée du 10 août avait vivement ému Strasbourg; les journées de septembre y eurent aussi leur retentissement. Mais alors les Jacobins y étaient les maîtres, ayanl à leur tète l'ancien moine allemand Euloge Schneider, vicaire épiscopal de Strasbourg, et le jeune Savoisien Monet, élevé aux fonctions importantes de procureur général syndic du département, à un âge où il n'avait pas même le droit d'être électeur.
Schneider et Monet étaient unis par la nécessité de contenir les amis de Dietrich, et ils étaient secondés par les intrigants qui, éloignés de l'Alsace, avaient fait fortune à Paris, comme le journaliste Laveau récemment nommé « commissaire auprès des quatre-vingt-trois départements pour y répandre les lumières et le patriotisme *. » Ce furent eux qui apprirent aux frères de Strasbourg « l'expédition récente des Parisiens contre les prisonniers », et le président, d'après le procès-verbal, ajoutait : « On a immolé les pretn^s sur qui on a trouvé des pistolets et des poignards \ » Les septembrisés assassins I (séance du 8 septembre). Dans la même séance, un membre proposait