Couturier écrit à Monet
«« Paris, ce 21 avril 1793. l'an 2 de la Ht^publique, qui subsistera, maljrré Rfibl
« Hiihl qui s'éloit acquis la confiance de la Montagne, n'a pas eu de peine à l'induire en erreur. Vous jugerez de l'homme, lorsque vous saurez qu'il a répandu d'une oreille à l'autre (pie nous étions toujours en bombance, en fêtes et aux bals, que nous faisions geler sur notre fenêtre le vin de Bourgogne pour en tirer le pur esprit... Il a fait courir le bruit (|ue les femmes de Strasbourg, que je fréquenlois constamment, m'avoicnt coupé la queue dans une orgie, » etc. [Livre bleu, t. II, n* 28, p. 108.)
4. Livre bleu, t. II, n" 22, p. 97 (lettre du T' avril 1793).
camp de chez lui ou bien il me feroit jeter par les fenêtres. Voilà cet homme diabolique qui devoit demander pour moi la parole... Ce Rûhl, après m'avoir mis sur la sellette devant des ennemis do la patrie qui me sont personnels, me f... à la porte, leur touche la main devant moi et me dit devant eux que nous avions mis le feu dans le déparlement, mais que nous le payerons; qu'Ofifmann, l'ancien secrétaire, avoit plus de talent que tous les administrateurs ensemble; que c'éloit indigne d'avoir fait Schneider accusateur public, qu'il n'avoit point de mœurs *, etc.
Teterel cependant, à force d'instances, avait franchi cet obstacle *. Une lettre du 5 avril, peu favorable à son entreprise, en parlait à des amis. Il fut admis à la barre, et un débat s'ouvrit à propos de Couturier et de Dentzel, mais ce fut Rûhl qui le fit tourner en sa faveur'.
Une chose au moins devait consoler les Jacobins de Strasbourg de ces déboires. Dictrich, le grand feuillant, comme on l'appelait, ne devait pas leur échapper. Le tribunal criminel du Doubs, présidé par Nodier, n'avait point répondu aux espérances que l'on avait fondées sur lui, mais Dielrich n'y devait rien gagnera En effet le dépatrtement du Bas-Rhin, saisi de la question d'émigration, la résolut affirmativement, et sa décision était sans appel : Bentabole, pour rassurer ses amis de Strasbourg sur ce point, lui adresse, par une lettre du 20 avril, deux exemplaires de la loi sur les émigrés. Mais, vu l'époque de sa rentrée en France, Dietrich ne pouvait tomber que sous