‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 16 sur 225 · Armée du Nord, aux dates · texte numérisé non relu

Armée du Nord, aux dates

2. Dumouricz êoril le 27 septembre (de Sainte-Menehould) h Manstein, aide de camp du roi de Prusse : n J'ai l'honneur de vous envoyer, vertueux Manstein, douze pains, douze livres de café et douze livres de sucre que je vous supplie d'offrir à Sa Majesté; il n'est rien que je ne désirasse faire pour lui prouver combien il est aimé et estimé en France; combien nous avons tous gémi sur les torts d'une cour légère et perfide qui nous a privés d'une alliance utile aux deux nations. »

Le 29, Manstein lui demande une entrevue pour expliquer le sens de la déclaration du duc de Brunswick. Dumouriez répond qu'il ne peut continuer des négociations qui auraient pour base son manifeste ; qu'il vient d'envoyer ce manifeste à la Convention, et qu'il attend des ordres. Voir ces lettres lues à la séance de la Convention, 2 octobre, avec le Mémoire de Dumouriez au roi de Prusse (Moniteur du 6, L XIV, p. 126 et suiv.).

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13 000 hommes qu'il réclamait allaient servir à une tentative que Custine, subordonné alors à Biron, avait en vue rentre Spire, Trêves, Mayence même. Dumouriezle regrettait vivement. Il mandait le 28 septembre à Biron combien il était fâché que sa lettre ne fût point arrivée assez tôt pour changer les plans de ce général. Il aurait pu, disait-il, terminer la guerre en trois semaines par une capitulation au lieu d*une négociation, si, au lieu de marcher avec les 15 000 hommes sur Spire et Mayence, Custine était venu par derrière sa droite et avait marché sur Verdun *. Mais toutefois il ne doutait pas de la retraite définitive des Prussiens. Le 1*"" octobre, faisant connaître au Ministre les succès de Beurnonville, il lui disait :

Sainte-Menehould, l""' octobre, an 1 dé la République.

Enfin, mon cher Servan, ce que j*ai calculé, arrangé, prédit dans toutes mes lettres, est arrivé. Les Prussiens sont en pleine retraite. Le brave Beurnonville, qu'on a baptisé l'Ajax françois, leur a pris depuis deux jours plus de ÎOO hommes, plus lie 50 chariots et plus de 200 chevaux. D'après tous les rapports des prisonniers et des déserteurs, cette armée est épuisée par la famine, la fatigue et le flux de sang. L'ennemi décampe toutes les nuits, ne fait qu'une ou deux lieues dans le jour pour couvrir ses bagages et sa grosse artillerie. Je viens de renforcer Beurnonville qui a plus de 20 000 hommes, et qui ne les lâ.chera pas qu'il n'ait achevé de les exterminer. Dès aujourd'hui, je me joins à lui de ma personne pour achever cette afl'aire. Je vous envoyé quelques exemplaires de ma négociation. Je l'ai fait imprimer parce que le général d'une armée d'hommes libres ne doit point laisser de soupçons sur la correspondance avec les ennemis. J'espère que cette aventure-ci nous délivrera du fléau de la guerre, et, comme je crois vous l'avoir mandé, j'espère, si on a confiance en moi, prendre mon quartier d'hiver à Bruxelles. Assurez l'auguste Assemblie du peuple souverain que je ne demanderai à me reposer que lorsque les tyrans seront entièrement hors de portée de nous faire du mal.

Je vous embrasse,

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