CHAPITRE XXXII
LA JUSTICE RÉVOLUTIONNAIRE ET LES DERNIÈRES MISSIONS DE l'aN U EN ALSACE
Euloge Schneider et son tribunal ambulant.
La justice révolutionnaire en Alsace, force armée et tribunal, était surtout dans la main de Schneider qui remplissait les fonctions de commissaire civil, et c'est ce qui fit sa perte.
Le tribunal avait, il en faut convenir, de singulières allures. Un tribunal, fùt-il révolutionnaire et dispensé de toute forme, devait avoir pour rôle spécial de juger, d'appliquer aux accusés, qui lui étaient soumis, les peines prescrites pour les délits définis par la loi. Celui-ci n'appliquait pas seulement les peines aux délinquants : il délinissait les délits, déterminant les peines, légiférant, poursuivant, jugeant et condamnant à la fois. En voici quelques échantillons :
Si dans deux fois vingt-quatre heures les boucheries ne sont point garnies de la viande nécessaire pour la substentation de la ville, et surtout du porc, les plus riches des bouchers seront arrêtés, déportés et leurs biens confisqués.
Fait à Strasbourg, le 24 brumaire l'an second de la République une et indivisible.
Signé : Taffin, président Euloge Schneider, commissaire l'ivil; WoLF, Clavel, Juges; Weiss, secrétaire greffier *.