‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 167 sur 225 · I. Affiche. (Bibl. nat., Lb*« 2202, pièce · texte numérisé non relu

I. Affiche. (Bibl. nat., Lb*« 2202, pièce

Et encore :

Tout individu qui sera convaincu d'avoir caché ou soustrait des biens, des effets, appartenant à des personnes condamnées à mort, ou à des émigrés, sera regardé comme traître à la patrie et puni comme tel.

Strasbourg, le 8 frimaire l'an 2«.

Signé : Taffin, président; E. Scbneider, commissaire civil; WoLF, Clavel, juges; Weiss, secrétaire greffier *.

Il faut dire que ce tribunal, malgré ces peines capitales si largement édictées, malgré la terrible réputation d*Euloge Schneider, condamnait plus à l'amende et à la détention qu'à toute autre chose : condamnations individuelles, condamnations en masse comme celles des brasseurs, des boulangers * (22 brumaire, 12 novembre), avec amendes

1. Copie exacte du soi-disant protocole du tribunal révolutionnaire établi à Strasbourg, etc. (Livre bleu, t. I, p. 61.)

Les simples juges individuellement en faisaient autant :

Molzheim, l*' frimaire an II (21 novembre 1793).

« Nous, le juge du tribunal révolutionnaire de Strasbourg et membre du directoire du département du Bas-Rhin, ordonnons au citoyen Philippe André de se transporter dans les communes du district de Strasbourg pour en retirer tous les vases d'or, d'argent, de laiton, de cuivre, et en général tout ce qui a servi au fanatisme et l'envoyer sur-le-champ à Wasselonne. Lui enjoignons en même temps, et cela sous sa responsabilité, de briser et d'exterminer dans toutes les communes... soit au dedans, 'soit au dehors des églises, chapelles, cimetières, tous les signes et monuments qui tirent leur origine de la superstition et cTe la bêtise; de leur imposer, en outre, une contribution en chemises, souliers, manteaux, redingotes et surtout une taxe en argent qui doit être payée par les fanatiques et le plus riche aristocrate dans l'espace de douze heures, sous peine de prison et de confiscation de leurs biens au profit de la République. Ledit commissaire rendra compte de sa conduite dans les premières deux fois vingt-quatre heures. » Signé : Nbstlin et Fûssinger, secrétaire. (Livre bleu, t. II, n" 80, p. 190.)

2. « Le tribunal révolutionnaire établi par les représentants du peuple, • Considérant que ceux qui ont contribué à porter à un prix exorbitant

les denrées de première nécessité doivent être regardés comme les ennemis du genre humain;

« Considérant que la grande majorité des boulangers et fariniers de la ville de Strasbourg s'est rendue coupable de ce crime, en refusant les assignats en paiement, en ne les prenant qu'à une perte énorme, en faisant

variant de 500 à 25 000 livres, amendes souvent énormes pour les délits les plus légers :

Séance du 2* jour, 2» mois, 2* année.

Le tribunal révolutionnaire a rendu les jugements suivants :

Jean Kolb, boulanger, convaincu d'avoir cuit du pain pendant la nuit et de ne l'avoir vendu que pendant la nuit à de certains chalands riches, au préjudice du public et surtout des indigents.

Le tribunal révolutionnaire Ta déclaré ennemi du peuple et agioteur et le condamne à être mis au poteau, devant son domicile, pendant quatre heures, et renfermé jusqu'à la paix, et à une amende de 30000 livres.

Dominique Dangelo, épicier, accusé d'avoir vendu du sucre candit au-dessus de la taxe, fut condamné à être exposé à un poteau pendant quatre heures, renfermé jusqu'à la paix, et à l'amende de 100000 livres.

François-Ignace Cuaumont, marchand de tabac à Molsheim, accusé d'avoir vendu une once de tabac dix sols et d'avoir avili par là la valeur des assignats, condamné à six mois d'arrestation et à être exposé à un poteau et à une amende de 3000 livres*.

Le spectacle de jugements ainsi menés, et si productifs, devait être fort intéressant pour les sans-culottes : aussi le 30 octobre (9 brumaire), un des membres du club invitait-il tous les citoyens présents à se rendre fréquemment au tribunal révolutionnaire. Le tribunal savait joindre parfois, en manière d'agréments, à ses condamnations, des peines accessoires ingénieusement appropriées :

constamment deux prix, en entretenant dans les campagnes ridolàtrie du numéraire;

■ Considérant qu'il faut venger le peuple et reprendre à ces voleurs une partie de leur proie... »

Quatre-vingl-huit sont condamnés à des amendes de 500 à 25 000 livres :

■ Ceux des condamnés qui n'auront point satisfait au présent jugement dans l'espace de huit jours seront déportés et leurs biens confisqués. »

"Signé : Taffin, et les autres.

1. Affiche (Bibl. nat., Lb*» 2262), et Copie exacte, etc., Livre bleu, 1. 1, p. 52. — A propos des brasseurs, à la veille de leur jugement, la Société populaire était invitée à fournir des renseignements, tant sur eux que « sur ceux qui étaient dans les mêmes principes ». (Heitz, Sociétés politiques de Strasbourg, 26 octobre, 5 brumaire, p. 285, 286.)

CH. XXXll. — JUSTICE RÉVOLUT. EN ALSACE 343

Jean Wolff (de Bischheim), colporteur, accusé d'avoir vendu 1 portefeuille de papier à quinze sous et un petit morceau de .von à 10 sols, condamné à être mené par la garde à Tavantirde de l'armée, tenant le portefeuille d'une main et le ivon de l'autre, avec un écriteau sur la poitrine et un autre ir le dos avec la note d'agioteur, et de s'éloigner avec sa mille à vingt lieues des frontières; en cas de désobéissance 1 présent jugement, d'être regardé comme émigré et puni )mme tel.

Chrétien Flugel, vivandier à l'armée, domicilié à Stras- )urg, accusé d'avoir vendu la bouteille de vin à 3 livres et le saucisse à 10 sols, condamné au poteau pendant deux 3ures devant l'avant-garde de l'armée, h l'arrestation de six ois et à l'amende de 3 000 livres.

Signé : Taffin, président; E. Schneider, commissaire civil; ^OLF, Clavël, juges; Weiss, secrétaire d^ tribunal révolutioniire *.

Un caporal-fourrier qui, furieux de voir qu'on lui voulût cndre un canif trois francs, avait déchiré ses assignats, it condamné h Tamende honorable pour cette profanation B la monnaie nationale, sans préjudice d'une amende de 90 livres pour la marchande *; une marchande de fagots, ni avait vendu sa marchandise au-dessus du maximum, it promenée par la ville (ses fagots étant confisqués), un tgot sous le bras '. Une femme qui avait acheté plus de it qu'on ne le jugeait nécessaire, accusée de Tavoir accairé, fut condamné au poteau pendant la journée à la 3rte de pierre, avec la note accapareuse de lait, tenant une main l'argent et de l'autre le pot au lait *; une cabaîtière ayant outrepasse la taxe, exposée deux heures au 3teau une bouteille de vin à la main; et mainte autre {position de cette sorte avec écriteaux : avilisseur de : monnaie nationale, méjyriseur d'assignats, transgresseur

1. 4c jour du 2* mois (23 octobre nOS), môme affiche, et Livre bleu, id., p. 29.

2. 11 (lu 2* mois, 1" novembre 1793. Livre bleu, t. I, Copie exacte, etc. ibunal révolutionnaire de Schneider, p. 25.

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